5 tendances urbaines pour 2018

Premières expérimentations de véhicules autonomes hors circuit fermé, affirmation des villes comme têtes de proue dans la lutte contre le changement climatique ... 2017 fut une année intense en projets et décisions politiques transformant les territoires et nos façons de vivre la ville.

Quoi de nouveau pour l'année à venir ? Quels nouveaux services ou technologies vont faire couler de l'encre, chambouler nos habitudes ou tenter de répondre aux défis environnementaux de plus en plus pressants dans nos espaces saturés ? Découvrez 5 tendances, émergentes ou déjà ébruitées, qui rythmeront sans aucun doute l'actualité de nos villes pour l'année à venir.

[Mobilité] Vélo en free floating : stop ou encore ?

Lancés avec grand bruit dans les principales agglomérations françaises en 2017, les sociétés de vélos en free floating ont révélé au grand public une nouvelle manière, simple et fluide, de se déplacer à vélo : pas de borne, un simple QR pour déverrouiller le deux-roues, et la possibilité de le laisser où bon nous semble sans se soucier de trouver une place en station. La solution semble parfaite sur le papier… Mais il y a un mais.

Emprise sur la voie publique, dégradations en série... La multiplication des cas de vandalisme met à mal la qualité du service, jusqu’à parfois provoquer leur retrait dans certaines villes, quelques mois seulement après leur arrivée.  Et quand ils ne sont pas en difficulté sur le terrain, l’arrivée de ces nouveaux acteurs génère des remous dans les villes où ils bousculent opérateurs historiques et collectivités. A Paris, la mairie envisage une réglementation pour mieux encadrer ce nouveau marché, et financer des aires de stationnement par le biais d’une redevance. L’instauration d’une licence fait aussi parti des pistes pour maîtriser l’arrivée de ces acteurs et limiter l’invasion de leur flotte sur la voirie. 
2018 devrait voir clarifiée la position de ces nouveaux services, et potentiellement le frein de leur activité.


[Service urbain] On réactive l’échelle ultra locale avec des services urbains qui misent sur l’humain

La crise des centres de villes moyennes est au cœur des préoccupations gouvernementales, et les idées fusent pour recréer ce dynamisme perdu, et le lien social qui l’accompagne. La réponse à ces maux ne semble pas se retrouver dans des approches macro, technocratiques et technologiques, mais au contraire, dans celle de favoriser l’échelle du quartier, voire de la rue, et des solutions plus humaines.

De nouveaux services émergent, donnant la parole aux habitants ou proposant des services clés en main pour faciliter leur quotidien, et recréer du lien entre les gens par la même occasion. Les conciergeries de quartier, comme Lulu dans ma Rue, se multiplient pour inventer ce nouveau vivre-ensemble, tandis que d’autres start-ups s’attellent au problème de la dévitalisation commerciale en donnant la parole aux habitants


[Tech] De la tech pour mieux lutter contre la pollution de l’air

Les années passent, mais la pollution de l’air demeure un sujet de préoccupation majeur. En Europe, elle est la cause du décès prématuré de plus de 500 000 personnes par an. Un chiffre porté à 6,5 millions de décès au niveau mondial pour l’année 2017, selon la revue médicale The Lancet.

Les plans ambitieux se multiplient pour lutter contre ce fléau sanitaire, les villes en première ligne : le C40, présidée par Anne Hidalgo et rassemblant les maires des plus grandes agglomérations mondiales, s’est réengagé en octobre 2017 à devenir des zones « zéro émission » à l’horizon 2030. Les efforts sont concentrés vers une réduction de la circulation des véhicules thermiques, principale source de pollution de l’air selon l’organisation.

Les technologies deviennent des alliées précieuses dans cette lutte, tout autant pour observer le phénomène que pour tenter de l’annihiler. Des applications suivent en temps réel l’état de l’air grâce à de nombreux capteurs disposés à travers la ville, et conseillent les utilisateurs sur les activités les plus adaptées. D’autres technologies prennent le problème à bras le corps, en tentant de purifier l’air des particules nocives. Mais la plupart reste des prototypes, ou des installations remarquables, mais isolées. 2018 sera-t-elle l’année de la généralisation de ces dispositifs ?


[Energie] Faire feu de tout bois : la course aux énergies alternatives

Tandis que le pétrole reste massivement recouru par nos véhicules, la recherche d’une énergie plus verte reste un enjeu primordial en 2018. Toutes les pistes, même les plus insolites, sont explorées pour remplacer ces matières premières polluantes : hydrogène, huile végétale recyclée, énergie cinétique... Sueur y compris !
Petit tour d’horizon de ces expérimentations qui ont rythmé l’année passée, et risquent bien de connaitre des développements cette année.


[Aménagement] L’éphémère s’inscrit dans la durée

Simple effet de mode, ou préfiguration d’une nouvelle manière, plus participative et agile, d’aménager la ville ? Les signes se multiplient pourtant en faveur de cette deuxième lecture, notamment à travers le prolongement de deux ans de l’aventure des Grands Voisins, laboratoire d’expérimentations sociales et urbaines dans le 14ème.

Le caractère temporaire semble propice à la création de nouvelles façons, plus légères, d’aménager un espace et d’organiser les relations des individus qui le vivent, par tâtonnements, délibérations, décisions collectives. Ils favorisent la création de lieux hybrides, d’usages nouveaux en accord avec les besoins du quartier, ou des populations plus fragiles. L’éphémère donne aussi le champ libre à des activités qui peinent à trouver leur place dans le cadre rigide des projets urbains traditionnels : hébergement d’urgence, création de nouvelles activités économiques, ou manifestations plus festives. L’éphémère a un goût de liberté, et c’est peut-être ça qui le rend si séduisant.