Plus de bois dans nos villes

Le bois, matériau d’avenir pour nos constructions urbaines ? Le sujet connaît un regain d’intérêt depuis quelques années grâce à des projets d’envergure et des politiques favorables. Le meilleur argument en faveur de l’usage du bois est son caractère naturel et renouvelable, qui en fait un matériel bien moins polluant lors de la construction, secteur responsable en France de 25% des émissions de CO2.

Selon l’Enquête nationale de la construction bois, 1m3 de bois permettrait ainsi de stocker une tonne de CO2, mais également d’éviter le rejet d’une tonne de CO2 pour la fabrication et l’emploi d’un autre matériau. La filière du bâtiment s’oriente donc de plus en plus vers cette matière première pour répondre à des enjeux écologiques, économiques et sociaux.

Le retour en flamme du bois

L’un des premiers promoteurs à se placer sur le marché de la construction en bois, Bouygues Bâtiment Île-de-France s’est récemment exprimé sur ses ambitions de renforcer ce segment d’activité. Les chantiers en bois constituent pour la branche régionale du groupe 3% de son activité, soit 42 chantiers sur les 5 dernières années. Il s’agit de la moyenne sur le marché du logement collectif, et Bouygues entend bien se placer en tant que référence dans la construction en bois, avec un objectif de 10% des réalisations d’ici 2020.

De son côté, l’Etat encourage la construction en bois à travers les actions du Ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de l’alimentation. Celui-ci a déployé en 2016 le plus grand programme national du monde dans le bois, étendu jusqu’en 2026. Plus récemment, un troisième « Plan bois construction » a été signé par le secrétaire d’Etat dans le but de massifier l’usage du bois sur les chantiers. En accompagnant cette transition du secteur du bâtiment, l’enjeu pour le gouvernement est économique, mais également écologique, le bois étant la première source d’énergie renouvelable du pays.

Le bois sera-t-il aussi une aubaine pour les promoteurs et constructeurs ? D’ici 2020, la réglementation française intègrera l’évaluation de l’empreinte carbone des constructions avec le label E+ C-. La taxe carbone incite les investisseurs à prendre en compte les méthodes et les matériaux employés dans les nouveaux parcs immobiliers.

Un challenge pour l’avenir

Pour autant, l’usage durable du bois dans le secteur du BTP n’est pas encore assuré. Peu de projets considèrent cette alternative au béton en dehors des grands projets vitrines comme la Tour Commune à Paris ou la tour W350 à Tokyo. L’explication est avant tout financière, avec des coûts de construction parfois doublés, et des défauts inhérents au bois qui restreignent encore son usage. Citons par exemple sa solidité, sa résistance au feu ou encore son acoustique, bien que des start-up telles que Woodoo travaillent activement à faire du bois le matériau le plus performant du XXIe siècle.

L’union fait la force

Si les coûts de construction restent élevés, l’usage mixte du bois avec d’autres matériaux comme l’acier ou le béton offre des solutions économiques et écologiques pour l’aménagement de bâtiments existants. C’est la solution adoptée à proximité du Sénat, où l’ancienne orangerie Auguste Comte était devenue un parking pour les employés. En utilisant des panneaux de bois, l’espace a pu être restructuré sans dénaturer le lieu.

L’usage du bois ouvre également la voie à de nouvelles manières de concevoir la ville et les pratiques. Le parking Silo à Dijon est le premier parking en bois démontable de France. La structure en bois offre en parallèle une autre vision de la construction, sobre, vertueuse et durable. Le bois n’a pas donc pas encore dit son dernier mot !

Crédit image illustration : Le projet Hypérion à Bordeaux, dont la réalisation a été confiée à Eiffage Construction (Jean-Paul Viguier).