Le bonheur en ville et le chant des oiseaux

Voici une conclusion que Rousseau ne renierait pas : pour les chercheurs du King’s College London, la nature serait la clé pour rester sain d’esprit dans un environnement urbain.

Dans un article paru en début d’année dans le journal BioScience, l’équipe de scientifiques britanniques livre les résultats de leur étude « Urban Mind: Using Smartphone Technologies to Investigate The Impact of Nature on Mental Well-Being in Real Time ». Leur constat de départ : la population mondiale est de plus en en plus urbaine, et donc plus sensible aux maladies mentales. A l’aide d’une méthodologie originale, l’équipe scientifique s’est donc employée à démontrer le lien entre notre santé mentale et nos contacts quotidiens avec la nature.

Des smartphones pour comprendre notre rapport à la nature

Cette étude s’inscrit dans une longue littérature scientifique sur les bienfaits de la nature. Réduction de stress, restauration de l’attention, plusieurs vertus sont prêtées à la nature en ville, sans pour autant prendre en compte le ressenti des urbains en temps réel, faute de moyen pour le mesurer.

L’application Urban Mind est la solution trouvée par les chercheurs du King’s College pour contrer ce biais. Pendant une semaine, une centaine d’utilisateurs se sont connectés jusqu’à 7 fois par jour pour faire le diagnostic de leur environnement et de leur « bien-être mental momentané ». Sont-ils à l’intérieur ou à l’extérieur ? Peuvent-ils entendre le bruit de l’eau ou des oiseaux ? Le traitement de ces informations permettait ensuite de mieux comprendre en temps réel la relation entre le cadre de vie urbain et le bien-être de ses habitants.

Vers un design urbain plus vert ?

Selon les résultats de cette étude, cotoyer la nature en ville a non seulement un effet positif, mais également de longue durée. La moyenne est de 2 heures et 25 minutes après avoir vu des arbres ou le ciel, et ce temps monte à 4 heures et 25 minutes pour les personnes ayant entendu le chant des oiseaux ou s’étant « sentis en contact avec la nature ». Vous ne regarderez plus jamais les pigeons sur votre balcon du même œil !

Pour les chercheurs britanniques, ces effets bénéfiques sur le bien-être mental des habitants sont désormais à prendre en compte dans l’aménagement des villes. La promotion de l’accès à la nature devient une question de santé publique dans un contexte d’urbanisation galopante. D’autres travaux sont attendus pour poursuivre cette enquête et mieux orienter la prise de décision lors de la construction ou la rénovation de bâtiments en ville.