C’est prouvé : les jardins sur les toits sont bons pour les villes !

Les plants de tomates installés sur les toits de nos villes ne se contenteraient pas d’agrémenter nos salades estivales : ils pourraient aussi résoudre le problème des ilots de chaleur urbains.

C’est ce qu’affirment les auteurs d’une étude menée sur les toits de l’école AgroParisTech dans leur tribune sur le site Reporterre. Durant deux années, l’équipe de chercheurs a cultivé salades et tomates cerise sur le toit de l’école en recourant uniquement à des déchets urbains (comprendre les déchets verts issus de l’entretien des espaces verts) pour alimenter les 9 bacs en bois selon la technique de la culture en lasagne.

Les potagers urbains : mini-jardins, maxi bienfaits

Si la taille de l’expérimentation reste modeste (9 bacs de 90x90x40cm), les résultats présentés en décembre 2017 dans la revue Agronomy for Sustainable Development sont loin d’être négligables. L’étude est d’ailleurs la première du genre à mesurer scientifiquement les services écosystémiques rendus par ces potagers urbains, selon 4 critères : l’approvisionnement alimentaire, la capacité de recyclage des déchets urbains, la régulation des eaux de pluie, et enfin le stockage de carbone dans les eaux de drainage.

Et le bilan, positif dans son ensemble, révèle toutes les potentialités de ces lopins de terres urbains : d’un niveau de production proche de ceux des maraichers professionnels en agriculture biologique, ils retiennent efficacement la pluie avec des taux de rétention entre 74 et 84%.

Les potagers sont aussi un bon moyen de recycler des déchets verts autrement voués à l’enfouissement ou à l’incinération, leur utilisation évite dans le même temps l’importation de terreau ou encore le recours à des fertilisants minéraux de synthèse. Seul bémol à l’expérience, la présence de carbone tend à augmenter dans les eaux de drainage des bacs composés du mélange de déchets verts et de bois broyé.

Mais la liste des bénéfices des jardins sur les toits ne s’arrête pas là : les auteurs mentionnent entre autres la capacité de ces potagers à rafraîchir les villes, à préparer la biodiversité ou encore favoriser la pollinisation.

Quand on sait que les toits représentent 32% des surfaces horizontales des villes, on se dit que les potagers urbains dépassent le simple stade de phénomène marginal, mais constituent un véritable potentiel pour transformer ces espaces car impensés car inaccessibles.

Crédit image illustration : AgroParisTech.