Les acteurs publics convoitent le covoit’

En plus d’être une alternative économique à l’autosolisme, le covoiturage répond aux enjeux environnementaux en réduisant la pollution individuelle. Les communes mettent de plus en plus en avant ce système et installent des aires de stationnement dédiées au covoiturage.

Pour mieux prendre la mesure de ces initiatives, la première édition de l’étude sur le Covoiturage et l’Action Publique, publiée le 1er octobre, apporte davantage de mesures sur l’engagement des élus locaux pour le covoiturage. L’étude est menée par le Laboratoire Ville Mobilité Transport (LVMT) et Ecov, une entreprise de l’économie sociale et solidaire spécialisée dans le covoiturage de proximité. 178 agents publics de communautés de communes dans cinq régions et des Parcs naturels régionaux de France ont répondu à l’enquête.
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Des transports en commun inadaptés et consomptible par le covoiturage

Selon l’étude, 98% des agents publics considèrent que l’offre de transports en commun dans leur territoire est insuffisante, voire inopérante pour répondre aux enjeux de mobilité. Pour répondre aux besoins en mobilité, 56% des répondants affirment que leur structure mène déjà un projet de covoiturage ou ont l’intention d’en mettre en place. 33% d’entre eux ont identifié les besoins auxquels le covoiturage peut répondre.
Parmi les répondants, 96% estiment que la mobilité partagée est une alternative appropriée pour les trajets entre le domicile et le lieu de travail, et 82 % considèrent que celle-ci est adaptée aux courses quotidiennes.
 

Le covoiturage, un sujet qui fait surface chez les élus locaux

L’enquête a également étudié l’évolution de l’occurrence du terme « covoiturage » dans des articles de la Presse Quotidienne Régionale de 10 régions, notamment en Auvergne Rhône Alpes, en Bretagne et dans les Pays de la Loire. Plus de 43 000 articles contenant le mot covoiturage ont été analysés : la présence du terme est passé de 0 article en 2000 à 10000 articles en 2018.
Cette tendance est similaire à celle de la présence du covoiturage dans les discours des élus locaux. D’après le LVMT, la prise de parole des élus locaux en termes de mobilité partagée est passée de 8 mentions en 2007 à plus de 30 mentions en 2018, ce qui illustre l’intérêt croissant des pouvoirs publics pour cette thématique.
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Parmi les freins mentionnés pour mettre en place un service de covoiturage, le manque de ressources budgétaires est le plus évoqué. D’autres limites concernent, elles, la collaboration avec des acteurs innovants. Selon 47 % des répondants, le frein principal à cette collaboration est causé par une multiplicité des opérateurs de covoiturage, qui nuit à la visibilité de l’offre. Pourtant, cette collaboration permettrait, selon 79% des agents interrogés, de développer des solutions innovantes et de nouveaux modèles de services publics.
 

Le covoiturage est un modèle de mobilité qui séduit de plus en plus les collectivités et pourrait compléter les services de transport en commun. Ainsi, à Nantes, il sera par exemple bientôt possible de payer le covoiturage et les transports en commun avec le même abonnement, grâce à l’intégration de la start-up Klaxit au réseau de transport en commun Tan.

Crédit illustration de couverture : Pexels