Le baromètre des villes françaises : les villes moyennes à l'honneur

Une étude de l’association Villes de France en collaboration avec IPSOS et la Banque des Territoires, apporte un nouvel éclairage sur les rapports entre métropoles, villes moyennes et zones rurales. Réalisé en octobre dernier, ce travail s’appuie sur un panel de 1600 personnes réparties dans les zones rurales, dans les villes moyennes (10 000 à 100 000 habitants), en métropoles (150 00 à 500 000 habitants) et à Paris (1e couronne).

La ville moyenne comme lieu de vie idéal …

Premier constat de cette étude, l’attractivité des villes moyennes : 41% des sondés veulent vivre dans une ville moyenne, contre 35% pour une commune rurale et 22% pour une grande ville.

En effet, la ville moyenne devance les autres territoires sur 4 des arguments qui sont les plus chers aux Français : la tranquillité, la sécurité, la proximité de la nature et le cadre de vie. Seule l’offre de transport leur fait défaut, avec un large avantage pour les métropoles.

Deux catégories d’habitants trouvent la ville moyenne particulièrement bien adaptée à leurs besoins : les familles avec enfants (87%) et les seniors (81%). En résulte un fort attachement à la ville et à son territoire, ce qui se traduit par un taux de 60% des habitants des villes moyennes qui pensent rester dans leur commune plus de 10 ans, contre 35% des Parisiens.
 

… qui reflète des inquiétudes.

Néanmoins, la ville moyenne illustre aussi les préoccupations des Français, notamment en termes d’emplois, d’offre de services publics et de commerce dans les centres-villes. Des inquiétudes qui se traduisent aussi vis-à-vis de l’enseignement supérieur, car si 87% des habitants en métropole déclarent être satisfaits de l’offre en la matière, 41% des habitants de villes moyennes déplorent un manque d’écoles et d’universités sur leur territoire.

Même constat pour l’accès à la santé, puisque l’étude estime que 32% des habitants des villes moyennes et 45% des habitants en zone rurale se disent insatisfaits par les services proposés.

L’attractivité économique fait aussi défaut selon les sondés, qui sont seulement 40% en ville moyenne à considérer leur territoire attractif en matière d’emploi. A l’inverse, ils sont une très large majorité à s’inquiéter du devenir de leur centre-ville : 86% affirment qu’il serait en train de mourir…

Pour résoudre ces problèmes, 43% des personnes interrogées considèrent les élus locaux comme les plus à même d’améliorer la situation de l’emploi dans leur territoire, contre 28% pour les entreprises locales et 24% pour le gouvernement. Des réponses qui sont peut-être à trouver au sein du Plan Action Cœur de Ville, qui a pour ambition de conforter le rôle des villes moyennes dans l’équilibre territorial, dont nous vous parlions ici.
Malgré ça, 61% des interrogés habitants dans les villes moyennes se révèlent optimistes quant à l’avenir de leur commune. 

Métropoles, les nouveaux chouchous ?

L’enquête révèle enfin l’évolution de la perception des différences entre les territoires. Les métropoles apparaissent ainsi comme favorisées en matière de politiques publiques, un privilège qui est affirmé par 43% des sondés. Plébiscitées par leurs habitants, les métropoles offrent le meilleur taux de satisfaction sur un ensemble de 9 critères (sur 18 testés) comme l’offre de transports (84%), de commerces (87%) ou encore culturelle et de loisirs (81%).

Des éléments bien différents de ceux qui attirent dans les villes moyennes (tranquillité, environnement naturel, …), et qui sont d’ailleurs moins satisfaisant dans les métropoles, avec un affaiblissement de la sécurité (déploré par 42% des habitants) et un accès plus difficile au logement (37%).Pour autant, ils sont 72% y habitant à affirmer être optimistes à propos de l’avenir de leur territoire. 
 
Si les villes moyennes présentent des arguments qui sont chers aux yeux des français, notamment en matière de tranquillité et de sécurité, les métropoles restent les villes les plus avantageuses sur le plan du commerce, des transports ou encore culturel. Le plan Action Cœur de Ville, qui regroupe 518 projets répartis sur 222 agglomérations, pourrait néanmoins jouer un rôle décisif pour revitaliser les centres-villes et ainsi rendre nos villes moyennes plus compétitives.