Les collectivités sur la voie des politiques cyclables

L’association Vélo & Territoires publie les premiers résultats de son enquête Territoires 2019, qui fait le point sur les politiques cyclables des collectivités en France. L’association, composée de régions, départements, et intercommunalités, réalise cette étude tous les 5 ans, pour cartographier les actions menées par les collectivités en matière de développement du vélo sur leur territoire.
Cette année, l’enquête a enregistré un nombre de répondants en progression, représentant au total 78% des régions, 91% des départements et 30% des EPCI, inclus pour la première fois dans le périmètre d’étude.

Des moyens dédiés en augmentation

Premier enseignement, les budgets et les moyens humains alloués à ces politiques sont en croissance depuis 2014, du côté des régions comme des départements.

Ainsi, parmi les répondants, les régions investissent en moyenne 4,94 millions d’euros par an pour le vélo, ce qui représente une augmentation de plus de 25% par rapport à 2014. Au niveau des départements, les budgets vélo grimpent de presque 37%, pour s’établir en moyenne à 3 millions d’euros par an.
Pour les EPCI, si leur récente intégration à l’enquête ne permet pas de comparaison, les réponses des participants révèlent des budgets annuels moyens de 1,32 million d’euros, soit 9,51€ par an et par habitant en matière de politique vélo. Une moyenne qui doit être nuancée, puisqu’elle dépend grandement de la taille des intercommunalités et d’autres financeurs publics (collectivités, État).

En termes de moyens humains, là aussi l’enquête met en lumière une nette progression : +77% et +59% d’ETP (équivalent temps plein) dédiés à ces politiques, respectivement pour les régions et départements, soit 1,7 et 2,7 « ETP vélo » en moyenne. Côté intercommunalités, elles consacrent en moyenne 0,8 ETP au vélo, avec des différences importantes : au-delà de 500 000 habitants, les ETP dédiés sont en moyenne plutôt de l’ordre de 5 ou 6.
Si ces chiffres connaissent de grandes variations au sein des collectivités, ils n’en demeurent pas moins révélateurs d’une prise en charge croissante des politiques cyclables par les régions et départements.

Une planification vélo qui se généralise, mais qui reste un défi majeur

Si les moyens sont en plus en plus conséquents, qu’en est-il de leur traduction en actions et politiques ?
Là encore, régions et départements ont une longueur d’avance. Les premières sont 85%, au sein de l’échantillon, à avoir mis ou à être en train de mettre en place une stratégie vélo (qu’il s’agisse d’un schéma directeur ou d’un plan vélo). Les départements sont 90% à suivre cette dynamique, dont 8% en cours d’établissement de cette stratégie, représentants un total de 83 départements.

Les 374 intercommunalités interrogées sont quant à elles 56% à disposer d’une stratégie de planification pour le vélo, ou en cours d’élaboration. Un taux lié au poids démographique des structures, qui atteint les 100% pour les EPCI de plus de 200 000 habitants ayant répondu mais tombe à 40% pour ceux de moins de 20 000 habitants. Une prise en charge variable du développement du vélo, qui trahit toutefois un intérêt pour la question, notamment dans les ensembles les plus urbanisés.

Enfin, les défis identifiés par les différentes collectivités concernant l’avenir du vélo dépendent de leur échelle. Pour les régions, il s’agit en premier lieu de la planification (pour 71% d’entre elles), suivi des questions d’intermodalité et de la mobilité du quotidien. A l’échelle des départements, comme des EPCI, le premier enjeu concerne les défis techniques et d’ingénierie, pour développer les outils adaptés. Pour ces derniers, on retrouve également la question de l’augmentation des budgets de vélo et de planification, qui est le deuxième défi identifié par les départements, devant ceux de sensibilisation des usagers.
 

Cette nouvelle étude de l’association Vélo & Territoires souligne le chemin déjà parcouru par les collectivités pour le développement du vélo dans les territoires. S’il reste encore de nombreux défis à résoudre, la dynamique des 5 dernières années devrait se poursuivre, alors que les politiques de mobilités douces sont de plus en plus à l’agenda des acteurs des transports, publics comme privés.

Crédit photo illustration : Jack ma, Wikipedia, CC BY-SA 3.0