Les Européens, friands de transport public et optimistes face aux nouvelles mobilités

A Paris, à Bruxelles ou à Rome, si les spécialités culinaires diffèrent, les déplacements des habitants et leurs aspirations en matière de mobilité se croisent et se ressemblent : les Européens passent en moyenne deux heures par jour à se déplacer, pour leur travail comme pour leurs loisirs. Ipsos et le Boston Consulting Group ont mené une enquête auprès de 1000 Européens issus de 10 pays différents pour établir ce portrait de la mobilité européenne, entre habitudes bien ancrées et l’envie de lendemains plus durables.

La voiture, un mode de déplacement par défaut incontournable

Sans surprise, la voiture reste le mode de déplacement incontournable des Européens, en particulier lorsqu’ils résident en zone rurale. Ils sont ainsi 65% à l’emprunter pour se rendre sur leur lieu de travail ou d’études, proportion qui atteint les 70% en campagne. Un recours élargi de la voiture qui s’explique notamment par un manque d’alternatives : 35% des Européens, et en particulier 56% des ruraux affirment avoir un accès restreint aux transports en commun leur laissant peu le choix au moment de se rendre au travail.

La domination de la voiture dans les déplacements n’est pas sans influence sur la fluidité médiocre du trafic aux heures de pointe que les personnes interrogées dénoncent majoritairement : 58% d’entre eux ont ainsi exprimé leur insatisfaction face aux nombreux bouchons subis au quotidien sur le chemin du travail.

Des attentes fortes et ambitieuses pour la mobilité de demain

Circulation quotidienne difficile, offre de transport en commun et autres alternatives indigentes, les enjeux sont nombreux et de taille pour dessiner des mobilités plus durables et vivables. Un chantier auquel les Européens tiennent : une majorité d’entre eux affirment être prêts à changer leurs habitudes et à utiliser plus souvent les transports en commun (72%) et le covoiturage/autopartage (44%), persuadés que de tels investissements sur ces modes amélioraient leur qualité de vie (84%), et leur ferait gagner du temps (80%).

Des investissements sur ces sujets qui restent encore trop timides à leurs yeux, en particulier lorsqu’on aborde les nouvelles formes de mobilité. Pour 74% des Européens interrogés, les pouvoirs publics n’investissent pas assez pour développer un réseau efficace de bornes de recharges électriques qui permettraient d’adopter des véhicules moins polluants.

Et pourtant, les aspirations des Européens sont grandes en la matière. 77% d’entre eux sont persuadés que les innovations dans le domaine de la mobilité auront des conséquences positives sur leur quotidien, qu’il s’agisse de rendre les déplacements plus fluides, avec des parkings en périphérie permettant un accès plus aisé au centre-ville, ou plus durables, convaincus que les voitures électriques seront capables d’effectuer de longues distances (75%) et pourront se recharger en roulant (55%) d’ici 15ans… A condition que collectivités publiques et entreprises privées investissent massivement dans le domaine.