Les Français et leurs préoccupations environnementales

Si l’on parle souvent des projets et décisions des acteurs des territoires face à la transition écologique, la perception des citoyens concernant ces sujets est-elle plus rarement interrogée, au gré des études et sondages sur ces sujets.
Dernier en date, qui vient contextualiser les préoccupations environnementales des Françaises et des Français : celui de l’Observatoire des vécus du collapse (OBVECO) qui vient mettre en lumière la vision de la notion de « collapse » (ou effondrement) des citoyens, tout en revenant sur leurs éco-engagements. Cette étude dresse un panorama des individus les plus engagés et les plus optimistes à agir pour la planète, mais également ceux qui, a contrario, le sont moins.

Vers l’effondrement des villes ?

La notion de collapse est un terme encore peu connu : seulement un Français sur 5 est familier avec ce terme. En réalité, la collapsologie, aussi appelée « science de l’effondrement » est un concept apparu en France dès 2015, notamment avec les publications de Pablo Servigne et Raphaël Stevens. Elle repose sur l’idée que l’homme est à l’origine d’impacts environnementaux durables à l’échelle planétaire, et qu’il existe bien une urgence écologique, notamment liée au réchauffement climatique qui engendrerait un effondrement de la société. Un scénario aux caractéristiques apocalyptiques, pouvant laisser place à l’angoisse de la finitude, et souvent associé à la guerre.  

Pour suivre ce concept, Mars-lab, société de conseil spécialisée dans le management de la performance globale (sociale et environnementale) a mis en place l’OBVECO, ou Observatoire des Vécus du collapse.
L’étude, réalisée fin 2019, a interrogé près de 998 Français… La tendance générale de ce rapport est celle d’un certain engagement et un optimisme ressenti par les Français concernant la question environnementale. Selon l’étude, 1 Français sur 2 se considère comme engagé pour l’environnement.

Les femmes et les Rennais plus éco-engagés

 
L’OBVECO a résumé le moral et l’engagement des Français selon 4 « sociotypes », répartis selon leur optimisme et leur pessimisme et leur comportement (passif ou actif). Ainsi, 29.5 % des Français sont optimistes-actifs, c’est-à-dire qu’ils croient en l’action individuelle de chacun tout autant que l’action collective.

Parmi les engagements (actions en faveur de l’écologie) de ces éco-optimistes, le choix de l’écomobilité (transports en commun, marche et vélo) est l’action qui fait quasiment l’unanimité (88,1%), suivi de près par le tri sélectif (87,1%). Bien que les optimistes-actifs soient les plus représentés dans l’enquête, ces derniers sont talonnés par les pessimistes-passifs (26%), à l’autre extrême, et qui eux ne croient ni en l’action individuelle, ni en l’action collective. 
L’étude nationale révèle l’écart d’intérêt entre les hommes et les femmes sur les engagements environnementaux par rapport aux hommes. Plus ouvertes, optimistes et actives, celles-ci agissent à hauteur de 34,2% pour l’environnement, contre 23,5 % du côté des hommes.
 

Géographiquement parlant, la ville de Rennes est celle qui compte le plus d’optimistes actifs (43,3%) à l’inverse de Marseille, qui en compte seulement 14,6 %. Contrairement aux a priori, l’étude démontre que les jeunes s’engagent autant que leurs ainés, et que l’âge du profil type d’un optimistes actif est de 34,4 ans.

Les individus qui ont le plus assimilé la notion de collapsologie sont 78,4% à penser que l’impact le plus positif sur l’environnement relève de l’action individuelle, alors que 44,8% des individus qui n’ont jamais été confrontés à cette notion sont persuadés que cet impact positif dépend de l’action des autres.
Selon l’étude de ADEME sur les Français et l’environnement, près de 9 Français sur 10 se disent sensibles ou très sensibles aux questions environnementales, des préoccupations qui ont évolué depuis les 20 dernières années. En effet, en 2001, le réchauffement climatique et l’effet de serre semblait préoccupant pour à peine 5% des Français, tandis que ce chiffre a depuis été multiplié par 6,devenant le problème le plus préoccupant pour 30% des Français en 2017.