L’influence des trajets domicile-travail sur notre bien-être

On commence à se sentir bien au travail... Dès que l’on franchit le pas de sa propre porte.

C’est ce que nous dit le dernier rapport publié par l’Université de West England, qui s’intéresse au lien entre nos déplacements domicile-travail et notre niveau de bien-être. Les résultats de l’étude menée entre 2016 et 2017 fournissent quelques éléments pour comprendre la manière dont les trajets quotidiens jusqu’au travail influencent notre perception générale de la vie.

Moins de contraintes temporelles pour plus de bien-être

En ville, les temps de voyage sont plus ou moins longs pour se rendre au travail. Or, ces moments passés quotidiennement dans des rames de métro ou des bus ont une influence sur notre état de santé mentale et notre appréciation du reste de notre temps. Selon l’étude, pour chaque minute supplémentaire passée à se déplacer jusqu’à son travail, la capacité d’une personne active à apprécier son travail et son temps libre diminuent. A l’inverse lorsqu’une personne passe moins de temps à se déplacer, voire a accès au télétravail, elle est en moyenne plus satisfaite de son emploi.

Faudrait-il donc raccourcir les temps de trajet ? Pas si sûr. Ces longs déplacements domicile-travail semblent ne pas avoir d’impact sur le bien-être général s’ils sont choisis : les chercheurs l’analysent comme une norme sociale acceptée afin d’accéder à un salaire plus élevé, lui-même synonyme de satisfaction au sein des ménages. Finalement, la question est celle du contrôle de ses propres déplacements : plus notre quotidien subit de contraintes temporelles, comme celle du temps passé dans les transports, moins il est apprécié et satisfaisant.

La roue du bonheur

Tous les actifs sont-ils condamnés à être mécontents et en mauvaise santé en se rendant au travail ? Bonne nouvelle, l’antidote au « mal » des transports semble se trouver dans le vélo et la marche. Dans le cas des répondants qui utilisent ces moyens, une majorité d’entre eux se disent en meilleure santé par rapport aux autres interrogés. La tension est en effet moindre chez ces actifs qui se disent également plus satisfaits de leur temps libre par rapport à des usagers des transports en commun.

Vers un nouveau modèle du déplacement pendulaire ?

Le secret du bonheur au travail apparaît donc dans les choix laissés aux employés : plus le salarié a le choix et le contrôle de ses déplacements, plus il est tolérant quant au temps qu’il y dédie au quotidien. Une conclusion qui invite à repenser la flexibilité des conditions de travail dans les entreprises, les infrastructures piétonnes et cyclables en ville, et le développement de transports alternatifs pour se rendre quotidiennement sur son lieu de travail, à une époque où ces déplacements s’allongent d’année en année.