Le bonheur est dans le métro

Les villes comme « des lieux où les étrangers se rencontrent », ce sont les mots du sociologue Richard Sennet pour décrire l’environnement urbain. C’est à partir de ce postulat que plusieurs chercheurs ont étudié les transports en commun et leur rôle en tant que connecteur social.

Que ce soit les métros, les bus ou encore les tramways, les transports en commun sont souvent décrits comme des espaces aux odeurs désagréables, et qui nous obligent à nous serrer contre de parfaits inconnus très tôt le matin. Contrairement à la voiture, qui n’engage aucune interaction (sauf avec le co-voiturage), ces moyens de transports impliquent une proximité qui serait en réalité une force pour les villes…

Pour Jan Gehl, architecte de la transformation de Copenhague, la plus grande attraction d’une ville réside en ses habitants. En effet il est plus agréable de traverser une rue animée qu’une rue vidée de ses habitants. On retrouve ce phénomène sur le taux d’occupation des bancs, les plus utilisés étant ceux qui donnent sur des vues animées de la ville. Faire une ville à échelle humaine paraît donc indispensable pour l’architecte danois, qui prend exemple sur les transports en commun pour les différentes interactions  et activités qu’elle peut susciter entre ses usagers.

Une étude suédoise datant de 2014 et menée par Kristoffer Mattisson, Carita Hakansson, Kristina Jakosson s’est elle aussi penchée sur l’effet des transports en commun sur notre capital social. Selon elle, les trajets domicile-travail par voiture impliquent un taux de confiance moindre en l’autre et une participation sociale inférieure à celle observée chez les usagers des autres modes de déplacement. Se déplacer en transports en commun faciliterait donc l’interaction sociale d’une manière que ne permet pas la voiture. Au lieu d’appréhender le trajet en transports en commun, celui-ci devrait être apprécié comme une opportunité de vivre une des grandes joies de la vie urbaine, être en compagnie de nos consœurs et confrères citadins.

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