Les villes dans la course à la mobilité de demain

À mesure que les mobilités évoluent et transforment les villes, celles-ci adoptent de nouvelles stratégies et développent des infrastructures pour répondre aux besoins de leurs habitants. L’Urban Mobility Readiness Index permet d’aider ces villes à évaluer leurs capacités (aujourd’hui et dans l’avenir) d’exploitation des nouvelles formes de mobilité. Élaboré par le cabinet Olivier Wyman Forum, en partenariat avec l’Université de Berkeley (Californie) cet indice classe 30 villes, réparties dans le monde, du Nord de l’Asie à l’Amérique du Nord, en passant par le Sud du continent africain. Ces villes se sont toutes distinguées par leur volonté d’améliorer la mobilité sur leur territoire. 

Cette étude est fondée sur des critères élaborés par une équipe de recherche, à la suite de discussions et de conversations avec des experts de la mobilité et le domaine du transport. Les villes ont été évaluées selon l’efficacité de leur transport en commun, l’impact social pour l’utilisateur en termes de sécurité, qualité de l’air et fluidité du trafic, ou encore sur la base des infrastructures des mobilités existantes.
L’ensemble de ces critères ont permis d’établir un classement et de donner une note globale sur 100 aux 30 villes étudiées, l’occasion de revenir sur celles qui ont retenu notre attention. 


Singapour, maîtresse dans l’art de l’innovation 

L’indicateur de l’innovation mesure les technologies émergentes comme les véhicules autonomes et connectés, l’électrification des véhicules et l’ensemble des technologies avancées installées dans les villes. Ce critère prend en compte les investissements et les engagements des gouvernements sur les technologies émergentes (voitures électriques, autonomes..) et leur capacité à attirer des start-ups dans le domaine. 

La cité-Etat se hisse à la première place du classement global, avec une note de 77.5 pour son innovation et une note totale de 70.8 sur 100
Et pour cause, la ville a facilité les collaborations avec le gouvernement, les acteurs de la mobilité et les écoles pour favoriser des projets de recherche sur les technologies des nouvelles mobilités, en priorisant une gestion intelligente des transports.

Considérée comme un exemple de smart city au niveau mondial, Singapour crée, en 2014, l’initiative Smart Nation, pour accélérer les solutions numériques sur le territoire et transformer la mobilité. La ville est une des premières au monde à publier un règlement technique qui régit le déploiement de véhicules sans conducteur entièrement autonome, et lance au passage un programme pour généraliser l’utilisation des scooters électriques, avec un système d’alerte lié au smartphone des usagers qui les prévient en cas de risque de vol ou d’endommagement de leur véhicule. 

L’objectif du gouvernement est de limiter au maximum l’utilisation de la voiture individuelle. Pour atteindre cet objectif, la ville a d’abord pensé à favoriser les transports en commun pour limiter les trajets. La ville a également développé de nouveaux écoquartiers intelligents aux usages mixtes, en regroupant logements, emplois et loisirs, pour limiter les déplacements. De la même façon, c’est en 2017 que le gouvernement de la cité-Etat a installé un péage urbain, taxant les propriétaires de voitures à hauteur d’environ 31 000 d’euros par véhicule, une mesure qui vise avant tout à réduire la congestion du trafic. 


Le réseau de métro newyorkais plébiscité

Autre élément composant l’indice, l’efficacité du système de transport. La mesure s’appuie notamment sur les heures  de service, l’accessibilité, la gestion du trafic et les notes des citoyens sur le trafic.  
Si la grosse pomme arrive seulement cinquième dans le classement général (61.9 sur 100), elle décroche la première place en termes d’efficacité de système de transport, avec un pourcentage de 82.6 %... Et pour cause,  le réseau se vante du plus grand nombre de stations au monde et offre un service ouvert 24h/24 et 365 jours par an
 

 

La ville est aussi félicitée pour ses efforts en termes de construction de pistes cyclables et de protection des lignes déjà existantes. L’indice salue également les couloirs et corridors de la ville, dédiés aux « Select Bus Service » (bus rapides régionaux), et les efforts en matière de gestion du trafic newyorkais à l’aide de technologies connectées.


En Europe,  tout roule pour Helsinki 

Autre angle d’étude de l’indice de l’Urban Mobility Readiness, la qualité des infrastructures, est quant à elle mesurée selon la densité des stations de transports publics, la présence et la qualité des zones piétonnes.
C’est la capitale finlandaise qui décroche le plus haut pourcentage dans cette catégorie (80.6%) et se hisse à la 7e position du classement global (61.1 sur 100). La ville est en effet une des plus piétonne au monde, avec une répartition modale de « marchabilité » de 21 %, ce qui vient s’ajouter aux performances de son réseau de transport en commun, particulièrement efficace lors des heures de pointe. 

 

La ville est aussi récompensée pour le lancement de son MaaS (mobility as a Service) via l’application Whim. Considérée comme le « Netflix de la mobilité » par la Helsinki Smart Region, l’application permet aux usagers de planifier, réserver et payer leurs trajets de tout type de transport confondus (vélo en libre-service, taxis, train, bus…) sur une seule et même plateforme. Garantissant des trajets porte à porte, l’application propose les meilleures options de transports, selon le type d’abonnement de l’usager. Lancée pour le moment en Finlande et en Angleterre, l’application se positionne comme l’une des précurseurs de la mobilité servicielle.  

Pour ce qui est de la France, aussi présente dans le classement avec Paris qui figure en 15e position, la capitale  est complimentée pour la densité de ses transports en commun et ses politiques favorables pour des mobilités plus douces. 

L’étude du cabinet Oliver Wyman permet de dresser un panorama de la maturité des villes concernant la mobilité urbaine, des villes les plus avancées en la matière à celles en phase de développement. Les villes comme Singapour, considérées comme les leaders dans cette course, ont constamment investi au fil des années dans leurs infrastructures et ont parfois adoptés des méthodes  rigoureuses pour limiter l’utilisation de la voiture individuelle. 

L’indice prend en compte d’autres critères, comme l’attractivité du marché, selon par exemple la connectivité des aéroports internationaux, la maturité des applications multimodales ou encore la compétitivité de la mobilité partagée.  L’impact social est un indicateur également pris en compte, basé de la fluidité et la sécurité des routes, la qualité de l’air ou même les taux d’occupation et de propriété des voitures.En termes d’attractivité et d’innovation, Beijing et Hong Kong ont respectivement la première position. 

S’arrêtant aujourd’hui à une trentaine de ville, l’édition 2020 devrait intégrer une vingtaine de villes supplémentaire, pour rendre compte de toutes les dynamiques en matière de développement des mobilités urbaines.