Les mobilités émergentes en 2018

 
Fruit du travail de l’Observatoire société et consommation (ObSoCo) et du cabinet Chronos, l’observatoire des mobilités émergentes a présenté sa troisième vague de résultats pour l’année 2018. Nouveauté pour cette édition : une analyse à l’échelle européenne, avec un questionnaire en ligne, en France, mais aussi en Allemagne, en Espagne et au Royaume-Uni, auprès de 7 000 personnes au total.
 
Pas de grande révolution dans les pratiques de mobilité observées, mais une consolidation des évolutions récentes. Ainsi, parmi ces pratiques émergentes, ce sont près de 30% des Européens qui ont eu recours au vélo ou au covoiturage. Pour ce dernier, le taux de pénétration étant stable par rapport à 2014.
D’autres modes de déplacement progressent plus fortement : c’est le cas des cars longue distance, puisque 27% des Européens répondent en avoir utilisés (et jusqu’à 46% des Espagnols). C’est également le cas, en quatrième position, des VTC qui sont eux utilisés par 21% des interrogés, mais aussi des « objets de glisse urbaine », type trottinette ou skate, pour 10% des répondants. Des pratiques qui font notamment écho au récent développement des offres de mobilité en libre-service, qu’il s’agisse des plateformes VTC, de trottinettes électriques ou de vélo en free-floating.
 
A l’échelle des 4 pays sondés, l’observatoire conclue également à un léger recul du modèle dominant de la mobilité automobile, puisque l’usage quotidien de la voiture concerne 49% des sondés – 50% pour les Français, contre 59% en 2016. Même s’ils sont nombreux à avoir du mal à imaginer se passer de la voiture et de la liberté de mouvement qu’elle leur procure (pour 56% des Européens ayant répondus), ils sont une majorité (63%) à imaginer une évolution de leur utilisation de la voiture, vers des transports en commun.
Ce rapport à la voiture souligne également des inégalités d’accès à des alternatives de déplacement, notamment en milieu rural où seulement 20% des répondants déclarent avoir un choix entre différents modes de transport dans leurs déplacements réguliers.
Pour autant, l’évolution des pratiques de mobilité se poursuit en particulier sous l’effet d’une prise en compte des impacts environnementaux, qui pour 64% des Européens sont une considération pour définir leur manière de se déplacer. Conséquence directe : la progression de la marche, du vélo et des transports en commun.
 
Enfin, l’étude souligne également la diversité des pratiques digitales qui permettent notamment l’organisation des déplacements (ainsi, 72% des répondants utilisent le GPS en lien avec leurs trajets, et plus de 40% utilisent des applications en lien avec les réseaux de transport public ou des offres multimodales).
Plus largement, ils sont 55% à se déclarer intéressés par le MaaS, ou Mobility as a Service, une solution qui permet de regrouper toute l’offre de mobilité d’un territoire sur une interface (ou application) unique – un intérêt qui pour 35% se justifie par la réduction du recours à leur voiture personnelle, voire sa disparition pour 8% d’entre eux. Des perspectives intéressantes pour les projets de MaaS qui se développent, en Europe et en France, à l’image de Mulhouse, par exemple, avec la mise en place d’un compte mobilité unique pour tous les services de transport de l’agglomération.

Pour en savoir plus sur les résultats 2018


Crédit illustration : FaceMePls
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