Les Français et leur mobilité au quotidien

Les grèves de décembre ont apporté leur lot de désagréments aux Français, contraints de repenser leurs habitudes de déplacement en se tournant notamment vers la trottinette, la marche ou le vélo, en l’absence d’autres solutions de déplacements. Dans un contexte où la mobilité plus durable est au cœur des enjeux de la ville de demain, elle devient un secteur sujet à de nombreuses évolutions, tant sur le plan environnemental que social. Une circonstance qui nous donne l’occasion d’étudier le sujet de la mobilité durable, à travers les perspectives des français et leur opinion sur ce sujet.

Publié en janvier 2020, le Baromètre des mobilités du quotidien est réalisé par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme et l’association Wimoov, dans le cadre de la loi d’orientation des mobilités (LOM), censée réformer en profondeur la politique de mobilité du territoire. Au total, 4 000 ménages représentatifs de la France métropolitaine (18-75 ans) ont été interrogés. Cette étude permet de faire le point annuel sur les habitudes de mobilité des Français, entre pratiques, freins et opportunités.


Une tendance environnementale et inclusive

 
Les Français restent attachés à l’utilisation de la voiture personnelle. En effet, ils sont 54% en 2019 à continuer d’utiliser quotidiennement la voiture pour se déplacer. Et selon l’étude, ce mode de déplacement reste le mode principal pour 72% des Français.

En dépit de cet usage fréquent, 38% des répondants envisagent de diminuer leur utilisation de la voiture personnelle au cours des 10 prochaines années.

Par ailleurs, la prise de conscience écologique de la part des Français est confirmée, 89% des répondants se déclarant préoccupés par la crise environnementale. Ainsi, 49% des répondants résidant dans des communes de 500 000 à 2 millions d’habitants et 60% des 18-24 ans estiment que les déplacements des Français contribuent à la dégradation des conditions environnementales et à la pollution. De plus, environ 60% des Français estiment être favorables à la fin des ventes des véhicules à essence diesel d’ici 2040. Pour ce qui est des aspirations vers une mobilité plus durable, 1 Français sur 2 s’estime prêt à passer au véhicule hybride ou électrique d’ici 2030. Le coût de ce modèle de voiture reste la limite principale qui empêche de passer à l’achat.
 

Le vélo n’est pas en reste, puisque 1 Français sur 2 affirme qu’il pourrait réaliser tout ou partie de ses trajets quotidiens à vélo, à condition que des infrastructures sécurisées le permettent.
En termes de mobilité, d’autres freins économiques sont évoqués. 50% des Français assurent que les coûts de déplacement sont les premiers obstacles à la mobilité, et 55% d’entre eux estiment ne pas avoir le choix dans leur moyen de déplacement. Une estimation renforcée par le sentiment d’un manque d’accessibilité aux transports collectifs à pied pour 77% des Français. Des contraintes qui constituent autant de freins impactant négativement l’accès à l’emploi, mais également la vie sociale, pour un répondant sur quatre.

La dynamique durable mise en évidence dans les résultats de cette étude témoigne d’une réelle volonté des Français à opter pour des solutions de déplacement durable. Le gouvernement semble également inciter les usagers à faire ce choix, par le déploiement d’un ensemble de solutions, que nous évoquions dans un précédent article.
Si la mobilité durable reste une volonté pour les usagers répondants au Baromètre, la notion d’inclusivité des modes de déplacements est également un champ à développer par les acteurs de la mobilité, puisqu’une partie importante de la population rencontre encore des difficultés pour se déplacer au quotidien.