Quelle est la ville la plus verte ? #2

 


A l’heure des élections municipales, les aménagements plus durables sont au cœur des débats et discussions. Face à la question environnementale, devenue la première préoccupation des Français, chaque acteur public cherche à apporter sa pierre à l’édifice dans la lutte contre le réchauffement climatique, en particulier par des aménagements plus respectueux de l’environnement. Dans une ville où planter des arbres ne suffit plus, quelles sont celles qui investissent le mieux dans des aménagements durables ? L’Observatoire des villes vertes est élaboré par l’Union nationale des entreprises du paysage (UNEP) et Hortis, les responsables d’espaces nature en ville. Un palmarès qui permet de lister les villes les plus vertes sur le territoire.


 

Angers, pionnière du vert en France

 
Fort de son succès, la troisième édition de l’Observatoire distingue les villes vertes de France selon 6 critères (patrimoine vert, investissement, biodiversité, promotion, dynamisme et entretien). Tandis que le critère de « patrimoine vert » est attribué aux villes dont la densité des espaces verts varie de 2 à 204 m2, celui des « investissements » classe les collectivités qui investissent le mieux pour rendre leur ville plus verte. La promotion d’un budget écocitoyen ainsi que l’entretien et le dynamisme de ces villes en termes d’investissements dédiés aux espaces verts sont également des axes étudiés.  
La ville d’Angers se hisse de nouveau en tête du classement des villes les plus vertes de France, avec une note de 86 sur 100. Une place qu’elle décrochait déjà l’année dernière, en 2017 et en 2014, comme nous l’évoquions dans notre premier article sur le sujet.
 

Si la capitale de l’Anjou est de nouveau récompensée, c’est pour ses efforts dans l’application d’une politique végétale dans ses projets municipaux. La cité angevine est une pionnière de la végétalisation des villes de France, avec des espaces verts représentant 14% de sa surface, notamment composée de jardinières connectées. La ville est aussi plébiscitée pour ses investissements « verts », avec un budget notoire alloué aux espaces verts en ville de 98 € par habitant, une hausse de 32% en comparaison à 2017.
Par ailleurs, la ville s’engage dans le zéro pesticide, aussi dit zéro phyto. Une démarche consistant à réduire l’usage des pesticides chimiques, une substance connue pour être polluante. La ville d’Angers a expérimenté cette démarche en supprimant définitivement l’utilisation de pesticides dans des espaces spécifiques. Comme dans le parc Balzac et les parcs Saint-Nicolas, 90% des espaces publics d’Angers sont aujourd’hui traités en zéro phyto.

Le savoir-vert nantais

 
Si c’est Angers qui remporte la palme française, la métropole nantaise a la particularité d’être une ville verte de France… et d’Europe ! Depuis plus de vingt ans, la ville œuvre pour son développement durable, par la mise en place d’écoquartiers et d’espaces urbains alliant espaces verts et circulations douces. Dans l’ensemble, 3 hectares de surfaces fleuries sont installés et 100 000 arbres longent le territoire. Le territoire de la métropole nantaise est composé à 60% d’espaces agricoles ou naturels.

En 2009, la ville agit également en déployant des solutions d’incitation aux mobilités plus douces, grâce au Plan Vélo. Une initiative qui permet d’investir 100 millions d’euros dans des aménagements tels que les « chaucidous » (chaussées à circulation douce), permettant de modérer la vitesse des automobilistes et d’élargir la place dédiée à la circulation des cyclistes.
La palme européenne décernée à la ville est aussi méritée grâce à la mise en place d’un laboratoire de bonnes pratiques par une équipe de chercheurs au sein du territoire, incarné par le projet Coolparks (lancé en 2019 pour une durée de 4 ans), un programme qui a pour finalité d’analyser l’influence des espaces verts sur le rafraîchissement urbain.

 

La nomination de la ville comme capitale verte d’Europe a renforcé son implication en faveur du développement durable, faisant d’elle une ville référente en la matière.
Parmi les villes vertes de France, on retrouve également la ville de Metz, qui fait son entrée dans le palmarès, suivi d’Amiens, Lyon et Poitiers respectivement en quatrième, cinquième et sixième position, ainsi que Rennes, Poitiers, Caen, Nancy et Brest en fin de classement. 

A la moitié du siècle, 70% de la population mondiale vivra en ville, selon les estimations de l’ONU. Des villes qui représentent aujourd’hui deux tiers de la consommation mondiale en énergie et 80% du CO2 émis, d’où l’intérêt pour celles-ci d’être plus durables. Dans cette lignée verte, Julien Denormandie, ministre en charge de la Ville et du logement, a récemment annoncé un ensemble de mesures  pour accélérer le modèle durable des villes, au travers d’une « nouvelle feuille de route pour construire une ville plus durable », pour accélérer le lancement des fermes urbaines en ville ou encore expérimenter les quartiers à énergie positive sur le territoire.