Rouler à 30 km/h peut sauver des vies

Si les limitations de vitesse en ville vous paraissent trop contraignantes en tant qu’automobiliste, elles pourraient toutefois vous sauver la vie en tant que piéton.
Environ 3 400 personnes meurent chaque jour dans le monde dans un accident de la route. Bien que les circonstances diffèrent, ces accidents ont un point commun : la vitesse. Presque la moitié des accidents mortels est causée par une vitesse trop élevée (et même la cause principale dans 91% des accidents mortels dans les pays en voie de développement, comme à Bombay en Inde).

L’Organisation Mondiale de la Santé recommande une vitesse de sécurité à 30 km/h en centre-ville, où se trouve un fort trafic de piétons, vélos et motos, et une vitesse de 50km/h sur les routes avec moins de trafic piétonnier. Si un piéton se fait renverser par un véhicule circulant à une vitesse de 30km/h, celui-ci a environ 10% de chances de décéder (un taux qui atteint 20% à 35km/h). Et à 50km/h, les chances de décès montent à 80% ! Des politiques simples de ralentissement en milieu urbain peuvent toutefois combattre efficacement ce phénomène : la ville de Sao Paulo a réduit en 2015 la vitesse maximale autorisée sur deux routes majeures, et vu le taux d’accidents mortels baisser de 29%. 

Une étude publiée par la Sétra (Service d’études sur les transports, les routes et leurs aménagements) montre en revanche que les véhicules circulant à 30km/h polluent davantage que s’ils circulaient à 50km/h, puisqu’en sous-régime. Un argument facilement démontable : une vitesse moindre diminue le risque d’embouteillages et baisse ainsi le nombre d’arrêts brusques suivis d’accélérations puissantes. Une conduite souple étant moins polluante qu’une conduite par à-coups, les villes auraient tout intérêt à élargir leur zone 30, pour le bien des piétons, des conducteurs et de l'environnement.