Et si la chaleur du métro pouvait réchauffer nos maisons ?

En 2014, le London Evening Standard, journal quotidien anglais, dévoilait que l’humidité dans les transports de Londres atteignait les 45%. En été, dans le centre de la capitale britannique, notamment aux alentours d’Oxford Circus, les températures dépassent les 34°C. Les températures dans les bus atteignent en moyenne les 35.5°C. Une chaleur laborieuse pour les passagers, et que la ville a utilisé à son profit. Dans une démarche responsable et écologique, des acteurs de la ville de Londres utiliseront cette chaleur non désirée par les usagers des transports en commun pour chauffer des milliers de maisons dans le Grand Londres, dès l’hiver 2019.

The Greater London Autority (GLA) estime que les transports londoniens rejettent suffisamment de chaleur pour répondre à 38% de la demande en chauffage des foyers londoniens. Le réseau innovant est pensé et élaboré comme un ventilateur central, qui collecte l’air chaud grâce à une pompe à chaleur.

Le projet, intitulé BunHill 2 District Heating Network, a été premièrement lancé en 2012 par la société internationale d’ingénierie Ramboll, la Société de transport londonienne et l’Islington Council, qui ont imaginé le projet en deux phases. La première consistait à effectuer une série de travaux destinés à rattacher les logements sociaux à un réseau de chaleur, ce qui aboutit à la construction du BunHill Heat Network, délivrant de la chaleur à plus de 800 logements. Dans un second temps, la société Ramboll était en charge d’évaluer la faisabilité du projet. 

Le dispositif est installé dans les tunnels de la Northern Line, une des lignes les plus anciennes de la capitale. L’air chaud ventilé au niveau du quai de la station City Road est récupéré et transporté par le réseau de chauffage du Borough londonien d’Islington, un district du Grand Londres habité par plus de 190 000 personnes. Cet air produit par la ligne devrait fournir de la chaleur à 1350 maisons, plusieurs bureaux et des centres de loisirs. Ramboll affirme que cet air chaud présente un coup moindre, en plus d’être plus écologique.
 

Les acteurs du projet espèrent que ce réseau fera de Londres une ville moins émettrice en carbone et auto-suffisante dans sa production d’énergie. A terme, le réseau pourrait par ailleurs réduire les coûts des factures d’électricité pour les habitants de la ville. Du côté des voyageurs, la circulation dans les couloirs du métro sera plus agréable. 
Première en Europe, le projet londonien inspire la capitale française, où la chaleur des transports y est tout aussi importante. 

Un projet a déjà été développé par la RATP, dans le cadre de la Charte du Plan Climat de Paris. Le groupe, en collaboration avec Paris Habitat, a présenté en octobre 2018 un système de récupération de chaleur du tunnel de la ligne 11 pour chauffer un immeuble de la rue Beaubourg, situé dans le 4e arrondissement, où il permet de couvrir 35% des besoins en chauffage de l’immeuble. De quoi imaginer de nouvelles façons de recycler des ressources urbaines, au profit d’une ville durable.

Crédit photo de couverture : Humphrey Muleba / Unsplash