Lutter contre la chaleur en ville avec des cours de récré végétalisées

Pour fuir la chaleur, les citadins adoptent plusieurs astuces : squatter les supermarchés, cinémas, parcs ou même églises… Et d’ici quelques années, ils pourront même compter sur les cours d’école. La Ville de Paris envisage ainsi de végétaliser les cours de ses 663 écoles maternelles et primaires à horizon 2040, soit une surface de 600 000m2. Pour l’instant en test dans trois écoles, le projet « Oasis » offre de belles promesses en termes environnementaux et sociaux.

Des cours de récré contre les coups de chaud

Avec seulement 9,5% de sa surface végétalisée, la capitale française figure parmi les villes les plus denses d’Europe, un avantage dans le projet « Oasis ». On estime ainsi que chaque Parisien vit en moyenne à moins de 200 mètres d’une école, un lieu finalement stratégique pour concevoir un réseau d’îlots de fraicheur dans la capitale.

Pour faire des cours de récréation des armes contre le réchauffement urbain, plusieurs installations seront mises en place. L’école Riblette (20e) verra ainsi prochainement sa cour réaménagée avec un mur végétal, un bac à plantes, une plus grande surface ombragée et un nouvel enrobé poreux, capable d’absorber les eaux de pluie. Les deux autres cours du pilote, sur l’avenue Daumesnil dans le 12e et rue Charles-Hermite dans le 18e, intégreront également des brumisateurs et des fontaines à eau. Finie l’école buissonnière pour les écoliers, qui n’auront plus à sauter les classes pour fuir la chaleur !

Un projet qui profiterait à tous

Mais les enfants et enseignants ne sont pas les seuls à bénéficier de l’opération. Pour Lina Liakou, directrice régionale du réseau 100 Resilient Cities, partenaire du projet, « ces nouveaux espaces verts ne répondent pas juste à un des enjeux environnementaux, ils permettent l’amélioration du lien social tout en créant un meilleur environnement urbain pour les habitants du quartier ».

La seconde partie du projet consistera finalement à ouvrir ces espaces aux populations fragiles durant les périodes de canicule, comme les personnes âgées, avant d’ouvrir l’accès au grand public. Cette décision ne sera néanmoins pas prise sans l’accord des parents et des enseignants des écoles, pour des raisons de sécurité.

Si les effets de cette opération restent incertains sur la température globale de la ville, Paris compte sur sa capacité à créer du lien social à l’échelle des quartiers. Cette approche globale s’inscrit par ailleurs dans sa stratégie de résilience, adoptée en septembre 2017, avec des projets abordant des enjeux aussi bien environnementaux que sociaux. Il ne reste plus qu’à attendre la fin de la phase de pilote pour découvrir les premiers effets, mais les coûts lourds prévus pour chaque aménagement (plus de 300 000 euros minimum pour la rénovation d’une cour de récréation) promettent une addition salée et un déploiement complexe sur l’ensemble du territoire parisien.

Crédit illustration : The Guardian