La datavisualisation pour mieux comprendre les enjeux de mobilité

Alors que la donnée représente un enjeu toujours plus important dans la fabrique de la ville, tant pour les acteurs privés que les collectivités (notre dossier n°2 dédié à la data est toujours disponible ici), son utilisation et sa compréhension restent néanmoins limitées pour bon nombre de personnes. Une solution pour en simplifier la compréhension, tout en la rendant artistique pourrait bien être la datavisualisation. 

La datavisualisation, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’une approche consistant à rendre visuelle et compréhensible la donnée, tout en se démarquant de l’infographie. Alors que cette dernière se concentre uniquement sur des données clef qu’elle éditorialise, la datavisualisation ou dataviz, elle, met en forme un jeu de données dans son intégralité pour en faciliter la lecture.  

La studio Dataveyes va encore plus loin, en utilisant des algorithmes comme matière première pour en faire des expériences interactives, toujours pour mieux comprendre l’information. Sa fondatrice Caroline Goudar parle même « d’interactions humains-données » pour décrire les différents projets de son entreprise. 

Parmi ceux-ci, Metropolitain, une application de visualisation urbaine qui montre le temps de trajet et l’affluence du métro parisien en temps réel. Pour ce faire, Dataveys s’est appuyé sur un premier jeu de données opendata ouvert par la RATP pour l’affluence, et sur un second, fourni lui par la start-up Isokron, éditrice de Locomote, une application de calcul d’itinéraires en transports en commun. Une expérience qui donne à voir, grâce aux données, la ville de Paris telle que les voyageurs en métro la vivent.

Le projet Commute, quant à lui, propose une expérience immersive, sonore et interactive pour explorer l’empreinte sonore d’une ligne de métro. Chaque station est représentée en un point sur la spirale : plus la ligne tend vers le rouge, plus la fatigue auditive est importante. En faisant glisser la souris sur les différents points, le dispositif fait entendre le son des stations grâce à un algorithme de correspondance entre les décibels récoltés et des fréquences harmoniques. On parle ici de « data-driven melodies ». Une application qui sensibilise à la pollution sonore (dont nous vous parlions ici) tout en rendant tangible et poétique les bruits qui jouent sur notre fatigue dans les transports en commun.

En la matérialisant, en la rendant visuelle voire sonore, la donnée peut devenir un véritable outil de compréhension pour les habitants qui en apprennent plus sur leur environnement. Une nouvelle façon de véhiculer l’information mais aussi d’interagir avec elle, qui pourrait permettre une meilleure sensibilisation aux questions urbaines comme la pollution sonore ou encore la congestion des transports en commun.