Ces entreprises qui œuvrent avec le BIM

Chaque année, le Trophée du BIM d’Or récompense les projets menés à l’aide d’une maquette numérique. La cérémonie est organisée en septembre par le Moniteur, hebdomadaire d’actualité sur la construction et le BTP, et les Cahiers techniques du bâtiment, revue des professionnels du bâtiment. Dans le cadre de l’édition 2019, 9 projets ont été récompensés. L’occasion de revenir sur le principe du BIM, les différents lauréats des BIM d’Or de cette année et s’interroger sur l’intégration de cette méthode au logement social. 

Le BIM : qu’est-ce que c’est ? 

La manière dont les bâtiments et les infrastructures sont pensés évolue, et le concept du BIM, pour Building Information Modeling, s’inscrit dans l’évolution des constructeurs vers le numérique. Il se traduit en français par la Modélisation des Données du Bâtiment, bien qu’elle prenne aussi en compte les infrastructures. Le BIM est une nouvelle méthode de travail qui permet à l’ensemble des intervenants d’un projet (architectes, ingénieurs, maitres d’ouvrages, entreprises de construction) d’échanger de façon collaborative, de la conception à la construction du projet. 

Ce processus est adossé à la création d’une maquette numérique 3D intelligente, un élément qui facilite les échanges entre les différents acteurs du chantier. La maquette numérique représente les caractéristiques fonctionnelles et physiques d’un bâtiment. Son élaboration change la manière de travailler des maîtres d’ouvrages , maîtres d’œuvre des architectes : elle permet d’analyser le bâtiment projeté et de le tester en conséquence tout en lui apportant des améliorations. 
 

Zoom sur le BIM d’Or 2019

Cette année, c’est le projet de la tour Hypérion qui a remporté le BIM d’Or. La construction de ce bâtiment s’inscrit dans la rénovation urbaine du quartier Bordeaux-Euratlantique, un des sous-projets du programme de modernisation de la cité bordelaise. Un projet mené par Eiffage Immobilier, constructeur-promoteur des logements neufs en France et conçu par l'agence Jean-Paul Vigner.

 

La tour Hypérion est composée d’un noyau en béton, enveloppé par une structure en bois. Le bâtiment s’élance sur 57 m de haut, pour un total de 17 étages et de 17 000m2
L’usage du BIM pour ce projet a facilité le partage entre les logiciels et a permis d’optimiser la conception du bâtiment, tout en simplifiant le calcul de son empreinte carbone. 

Un deuxième projet a été récompensé pour son utilisation du BIM. Considéré comme le coup de cœur du jury, la rétro-conception des toitures du Louvre est un des nommés des BIM d’Or, dans la catégorie « Bâtiments supérieurs à 30 000 m2 ». Un BIM commandité par Art Graphique & Patrimoine et gouverné par l’Agence Goutal. 
 

Ce projet s’intègre dans celui plus large de rénovation et d’entretien du bâtiment, en faisant le diagnostic de l’état de santé des toitures du Musée du Louvre, qui s’étendent sur 5 hectares. Le projet a nécessité une campagne de numérisation 3D photographiée à l’aide d’un drone, un modèle qui servira comme référence dans les futures campagnes de rénovation et d’entretien des toitures du musée. 
 

Le BIM, un concept bientôt intégré aux logements sociaux 

Au-delà de ces réalisations et reconnaissances techniques, le BIM apporte aussi un meilleur suivi, après la construction, de la vie du bâtiment jusqu’à sa démolition. De nombreux acteurs des secteurs de la construction et de l’immobilier s’en saisissent donc pour optimiser leurs fonctionnements, et cela inclue aussi les acteurs du logement social. En première ligne de ce changement, le bailleur social 1001 Vies Habitat a expérimenté le BIM. Dans le quartier prioritaire des Indes, à Sartrouville (Yvelines) et composé de 1300 logements sociaux, le bailleur a imaginé un projet de reconfiguration complète du quartier.

Grâce à une association entre la communauté d’agglomération, Bouygues Immobilier, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) et la Ville de Sartrouville, le projet de rénovation consistera à démolir un des bâtiments du quartier, considéré comme obsolète, pour remplacer celui-ci par un ensemble de logements mixtes (locatif social, accession libre et sociale, permettant aux foyers aux revenus modestes de devenir propriétaire de leur logement). 

Selon la chargée des grands projets chez le bailleur social, Carole Botreau, la maquette numérique a permis de localiser les matériaux et la géométrie du bâtiment. Plus spécifiquement, le BIM a aidé à détecter des traces d’amiante dans le bâtiment. 

Mais le BIM peut également être employé dans d’autres contextes. Ainsi, le Grand prix National de l’ingénierie a été décerné au Groupe Setec, l’Agence Duthilleul, l’AREP et Antea Group, pour leur projet de création de la nouvelle gare du Centre des nouvelles industries et technologies (CNIT) à La Défense. 
 

Ce projet vise à construire une gare sous le Centre, sans interrompre les activités de bureaux et de commerce, ni gêner les 25 000 personnes qui le traversent chaque jour. Ce chantier fait partie du projet Eole, le prolongement du RER E vers l’Ouest parisien. 
Le BIM est utilisé avec une maquette virtuelle qui reprend les formes du bâtiment existant et ceux de l’infrastructure souterraine. Cette nouvelle gare devrait être mise en service en 2022.