Les éoliennes offshores prennent le large

Si les éoliennes sur terre font désormais partie du paysage, les éoliennes en mer sont encore peu présentes en France, contrairement à ce qui se fait chez nos voisins européens. On recense en effet 1753 éoliennes offshore au Royaume-Uni, 1169 en Allemagne, ou encore 232 en Belgique contre une en France. Pourtant, le potentiel de ce dispositif est considéré comme illimité par les spécialistes de l’énergie renouvelable. 

Chaque année, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) analyse les enjeux liés à l’énergie, notamment l’utilisation différentes ressources en énergie, comme le gaz, le charbon ou les énergies renouvelables, dans le récent rapport annuel sur les Perspectives de l’éolien en mer 2019 . Faith Birol, directeur de l’Agence, y précise que « l’éolien offshore produit seulement 0,3% de l’énergie mondiale, mais que son potentiel est vaste ».  L’occasion de nous interroger sur les enjeux de l’éolien offshore et de faire un état des lieux de la situation en France et dans le monde. 
 

Les éoliennes offshores, une rentabilité pour l’industrie énergétique

Le rapport de l’AIE est à ce jour l’une des études les plus spécifiques sur le potentiel d’éoliens offshore, sur une analyse géospatiale. Selon cette étude, l’énergie produite par les éoliennes fournit seulement 0.3% de l’électricité globale, même si le marché s’est développé de 30 % chaque année depuis 2010. 
 

La technologie offshore présente un potentiel illimité, notamment en Europe. L’Union Européenne est la pionnière en matière de technologie d’éolienne en mer, et devrait maintenir sa position d’ici les prochaines années. A ce jour, la capacité de l’éolien offshore en UE est équivalente à environ 20 gigawatts. Un chiffre qui devrait augmenter, puisque les politiques mises en place par l’Europe ont pour objectif d’augmenter cette capacité à 130 gigawatts d’ici 2040. Selon l’AIE, si l’Union Européenne parvient à atteindre une neutralité en carbone, l’éolien offshore devrait atteindre une capacité de 180 gigawatts. 
 

La Chine pourrait aussi jouer un rôle majeur dans la croissance des éoliennes offshores, qui réduiraient ainsi la pollution de l’air du pays. Elles sont d’autant plus intéressantes pour la Chine puisqu’elles peuvent être construites à proximité des principaux centres de population, de l’Est au Sud du pays. D’ici 2025, la Chine pourrait posséder la plus grande flotte éolienne du monde. La Chine entend passer d’une capacité d’éolienne offshore de 4 gigawatts à 110GW d’ici 2040. 

D’après l’AIE, les Etats-Unis disposent également d’une bonne capacité en éolien offshore dans le Nord-Est du pays, à proximité des villes de la côte est Sur la côte ouest, des éoliennes flottantes pourrait venir diversifier le mix énergétique. 
 

Ces éoliennes qui passent le cap 

La France entend combler son retard en termes de parcs éoliens offshores, puisqu’à ce jour une seule éolienne en mer est installée en France. Plusieurs projets de parcs offshores sur les côtes de Bretagne et de Normandie sont toutefois à l’étude depuis 2011. 

Entre 2021 et 2024, 6 parcs éoliens offshore devraient être installés dans le Nord-Ouest, notamment à Saint-Nazaire, Saint-Brieuc ou encore Courseulles-sur-Mer. Le projet de Saint-Nazaire (où la première éolienne offshore est mise en service depuis 2018) est le plus avancé à l’heure actuelle, avec une installation de 80 éoliennes pour une capacité installée de 480 mégawatts. Ces éoliennes couvriront la consommation de 400 000 ménages, soit 20% de la consommation électrique du département de Loire-Atlantique. La mise en service de ces éoliennes est prévue pour 2022. 
 

Des éoliennes offshores plus avancées sont déployées par des acteurs de l’énergie renouvelable, comme la société danoise Ørsted, spécialiste des parcs éoliens offshore et terrestres. Elle a récemment annoncé le déploiement de la turbine nommée Haliade-X 12 MW, une nouvelle génération d’éolienne en mer construite par General Electrics Renewable Energy.  Il s’agit, à ce jour, de la turbine d’éolienne offshore la plus puissante du monde, pouvant générer 67 GWh (gigawattheures) par an. 

Cette turbine devrait être mise en service dans deux parcs éoliens des Etats-Unis, au large des côtes du Maryland pour 2022, et sur les côtes du New Jersey en 2024. 
La présence des éoliennes au large des villes devrait se développer dans les prochaines années, avec des éoliennes toujours plus performantes pour répondre aux besoins en énergie, l’éolien offshore devrait être de plus en plus développé par les acteurs de l’énergie pour produire et fournir une électricité plus verte. Si les efforts de construction et d’amélioration de ces éoliennes se maintiennent, d’après l’AEI, elles deviendraient la plus grande source d’électricité en Europe d’ici 2040.