La folie des distributeurs urbains

En ville, on connait depuis longtemps les distributeurs automatiques de billets : le premier installé en France a fêté cet été ses cinquante ans ! A l’heure où le smartphone supplante ces machines dans le domaine du paiement, les distributeurs retrouvent toutefois une seconde vie avec des usages parfois très originaux. Petit tour non-exhaustif des diverses formes de ce curieux objet urbain.
 

Des distributeurs qui nous veulent du bien

Nous vous avions déjà parlé de ce distributeur, ou vending machine chez nos amis d’Outre-Manche, installé à Nottingham depuis décembre 2017. A l’initiative de l’association Action Hunger, cette machine n’est accessible qu’aux sans-abris et délivre des produits de premières nécessités sur la base d’une carte journalière. Car l’avantage indéniable du distributeur automatique est son accessibilité à n’importe quelle heure de la journée.

Les solutions ludiques sont parfois les plus efficaces quand il s’agit d’écologie et de bonnes habitudes. Les fabricants de distributeurs l’ont bien compris, en mettant au point le système du "distributeur inversé". En plein développement en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, ces distributeurs encouragent les consommateurs de passage (souvent dans les supermarchés) à recycler leurs bouteilles en plastique. En échange, ils cumulent des points dans le magasin. A Istanbul, la société Pugedon emploie le même dispositif, même si la récompense est d’une autre nature : à chaque bouteille déposée, de l’eau et des croquettes sont dispensés aux animaux errants de la ville.
 

Extrait de la vidéo de Pugedon sur Youtube, le distributeur stambouliote "inversé" 
distribue des croquettes aux animaux errants de la ville à chaque bouteille déposée et recyclée.

Consommer vite et connecté

Les longues queues pour faire les courses sont-elles vouées à disparaître ? Plusieurs villes du monde ont adopté les distributeurs automatiques comme une solution virtuelle de commerce. L’aéroport de Gatwick à Londres propose par exemple un distributeur virtuel opéré par la marque Tesco. Pour lutter contre le stress du retour de vacances et du syndrome du frigo vide, le distributeur virtuel propose aux voyageurs de faire leurs courses en quelques clics et de se faire livrer directement à leur retour.

Le dispositif est également déployé à Séoul en Corée du Sud, un pays où les paiements se font souvent via son smartphone. Des distributeurs virtuels installés directement dans la rue ou dans le métro permettent aux passants de faire leurs courses en scannant les QR codes des produits.

Réinventer le commerce de proximité ?

Nouvelle étape dans la vie du distributeur automatique, et si celui-ci devenait une vitrine urbaine de la production locale ? Plusieurs concepts suivent cette idée, y compris sur nos territoires français, du distributeur d’huîtres en Charente-Maritime à celui de fromage dans l’Aube. Le dernier exemple en date est au Mans, où une charcuterie a décidé de mettre en avant les spécialités locales... en installant un distributeur à rillettes devant l’enseigne. Pour ce commerce de proximité, le dispositif représente également une manière se moderniser et d’attirer des publics jeunes.

Pour d’autres commerces, c’est une manière de mettre en avant des produits frais et de qualité. Ces distributeurs un peu plus atypiques sont encore marginaux et américains, mais arrivent peu à peu en France. Par exemple, l’entreprise Farmer’s Fridge offre une sélection de salades fraîches en distributeur, avec un réseau bien implanté à Chicago. Plus osé, la boucherie Applestone Meat Company vient d’installer à New York quatre distributeurs de viande fraîche. L’objectif ? Rendre accessible et promouvoir la viande de qualité d’origine locale.

Une chose est sûre, le distributeur automatique nous réserve encore des surprises dans un futur proche comme lointain !

Crédit illustration : Café Zapangi, christinahello.com