La ville comme terrain artistique

L’histoire d’amour entre la ville et la danse ne date pas d’hier… Dès le début du XXe siècle, le tango faisait son entrée dans les rues de Buenos Aires, sans oublier l’explosion du Hip-Hop sur le bitume de New-York dans les années 80. Aujourd’hui, des performances d’un nouveau genre vont plus loin pour réinterroger notre rapport à la ville. 

Parmi elles, les marches très très lentes organisées par la chorégraphe belge Anne Teresa De Keersmaeker dans plusieurs villes européennes (Paris, Bruxelles et prochainement Bruges le 23 février). Pendant plusieurs heures, les participants parcourent la ville à une allure maximale de 5 mètres par minute, le temps de prêter plus d’attention à notre environnement urbain et à la manière de nous y mouvoir

L’artiste autrichien Willi Dorner a une approche encore plus saugrenue absurde, en imbriquant les danseurs dans les recoins les plus improbables que l’on retrouve dans les villes du monde entier (Paris, New-York, Barcelone…). Les positions toutes plus incongrues les unes que les autres mettent en avant les formes et les failles du paysage urbain.

Au début pensé pour la photo, Bodies in Urban Spaces est aujourd’hui une réelle performance artistique. Les danseurs hauts en couleur offrent un parcours urbain qui ne laisse aucun passant indifférent. Une fois la figure terminée, la troupe repart à la recherche d’un interstice dans lequel s’immiscer.
 

Si les villes ont une influence directe sur notre manière de bouger, la danse peut aussi dynamiser le paysage urbain, en modifier l’allure comme le proposent les Slow Walk, ou encore y révéler les recoins oubliés à travers les Bodies in Urban Spaces. Des démarches qui font face à l’injonction et à l’accélération que l’on connait en ville, et nous invite à lever le pied pour profiter, plus sereinement, de nos villes.