Quand le street art se fait discret

Quand on parle de street art ou d’art urbain, on pense souvent à des formes de graffitis ou de peinture murale. Il ne faut pas perdre de vue ce qui se passe parfois à même le sol, ou dans des interstices, au gré des rues, et qui sont l’œuvre de nombreux artistes qui utilisent des supports variés. Rapide aperçu de ceux qui nous ont tapé dans l’œil !

 Sur les pavés, l’artiste

A Londres, l’artiste Ben Wilson s’est notamment illustré en travaillant sur le Millenium Bridge. Cela fait toutefois plusieurs années qu’il arpente les rues de la capitale anglaise, où son terrain de prédilection se situe bien souvent sous nos pieds.

 Surnommé le « chewing-gum man », il se consacre en effet à la décoration de chewing-gum ornant les chaussées et trottoirs sous le regard amusé des Londoniens. Sur le Millenium Bridge, il a tracé un parcours jusqu’à la Tate Modern, opposant son art quotidien, issu d’un déchet urbain, à celui exposé dans les galeries du musée.

Plus récemment, il s’est lancé dans une nouvelle aventure de guerilla artistique : disposer des petites tuiles illustrées en noir et blanc au fil des stations du Tube, le métro de Londres. En quelques mois, il en aurait dissimulé jusqu’à 400 …

En Allemagne, le street-artiste Jan Vormann a porté son dévolu sur un autre élément urbain souvent considéré négativement : les failles, trous et interstices dans les murs ou sur les trottoirs des villes. Depuis plus de 10 ans, il arpente l’Europe et le monde entier armé de blocs de LEGO pour créer des œuvres éphémères qui viennent combler ces crevasses urbaines.

Chirurgien urbain, Jan Vormann souhaite à travers son travail attirer l’attention des habitants sur le patrimoine de leur ville, et pourquoi pas celle des pouvoirs publics ou des propriétaires pour entreprendre des réparations.

Un travail artistique qui prend une forme collaborative avec le projet Dispatchwork : plus que ses seules réparations, il invite tout le monde à faire de même et à venir combler les failles et les trous visibles en ville à la seule force du LEGO. Une fresque mondiale, composée de dizaines de petites touches, réalisées par l’artiste lui-même ou par des anonymes, des associations et des passionnés tout autour du globe.

Un projet à découvrir dans son intégralité ici : Dispatchwork

Sculptures de lilliputiens

 
D’autres artistes ont choisi eux la voie de la sculpture, mais pas n’importe laquelle : ils mettent en scène des petites scènes du quotidien à une échelle miniature, souvent à même le sol, pour interpeler les passants et interroger notre rapport à la ville.

C’est depuis Londres que l’artiste Slinkachu, par exemple, a développé son projet artistique, mêlant des petites figurines et des objets du quotidien, transformés ou réutilisés tel quel, pour créer des scénettes discrètes au fil des rues. Ses œuvres se retrouvent aujourd’hui dans de nombreuses villes du monde, mais aussi à la Andipa Gallery de Londres. A défaut d’une visite à Londres, on peut consulter certaines de ses œuvres sur son site.

En Europe, Isaac Cordal suit une approche similaire : son projet Cement Eclipses l’amène à fabriquer de petites sculptures d’une quinzaine de centimètres de haut, qu’il dispose dans des villes européennes. Ses mises en scène artistiques sont souvent teintées d’une réflexion sur des enjeux d’actualité, comme le réchauffement climatique entre autres. Son travail est à retrouver ici.

Crédit photo de couverture : Jan Vormann  Vg-bild