Les acteurs de la mobilité en route vers le MaaS

Nous vous parlions du passage de la carte Navigo au numérique, dans un précédent article. Mais ces projets de dématérialisation et de billettique s’intègrent dans la dynamique plus large de développement de nouveaux services. Ceux-ci doivent permettre de répondre aux habitudes multimodales et numériques des usagers, notamment avec la mise en place de MaaS. Le principe du MaaS (Mobility As A Service), aussi appelé mobilité servicielle, est de centraliser l’offre de mobilité (transports en commun, vélos, taxis, VTC et covoiturage) sur une même application. Ainsi, les utilisateurs d’un territoire peuvent se déplacer d’un point A à un point B en utilisant la même application, indépendamment du mode de transport emprunté. En un seul clic, le MaaS donne accès à un panel de fonctionnalités qui facilite l’expérience utilisateur. 
 

Le concept a vu le jour pour la première fois dans la capitale finlandaise, où l’application Whim permet de localiser les stations de bus et de train, de planifier son trajet et d’acheter un ticket pour celui-ci, indépendamment des modes de déplacement choisis. Berlin s’est tout récemment aussi doté de son MaaS avec Jelbi, une application qui permet aux usagers de payer plusieurs modes de transport en même temps, en incluant les scooters, les taxis et les vélos. 
Pour l’usager, le MaaS intervient comme un assistant de mobilité. Le dispositif optimise en effet son utilisation des modes de déplacements en communs, mais pas seulement, puisqu’il étend sa zone de mobilité et facilite la gestion de son budget de transport. De manière générale, le MaaS pourrait réduire l’utilisation de la voiture et diminuer la pollution dans nos villes
 

Les acteurs de la mobilité optent pour le MaaS

Pour donner suite à la dématérialisation progressive de ses titres de transports, Ile-de-France Mobilités imagine une stratégie de mobilité servicielle, en collaboration avec la RATP. Une nouvelle technologie à disposition des Franciliens et des visiteurs de la Région, qui regroupe l’ensemble des modes de déplacement pour calculer le meilleur itinéraire et acheter des titres de transport dématérialisés. A compter de novembre 2019, Ile-de-France Mobilités et la RATP testeront pendant 6 mois l’application MaaX pour « Mobility as an Experience », auprès de 2000 bêta-testeurs. 

Côté acteurs privés, le concept séduit également pour ne pas être hors course. . Pour devenir une plateforme plus multimodale sur les courtes distances, Uber a annoncé le regroupement de tous ses services en une seule application. Ainsi, les utilisateurs d’Uber pourront réserver une voiture, commander leur livraison de repas, prendre un vélo électrique Jump directement via l’application Uber. Les utilisateurs de l’application résidents d’Ile-de-France pourront également organiser leur trajet en transport en commun avec des informations en temps réel. La firme devrait compléter ses améliorations par des indications sur les prix du trajet. 
 

Les villes françaises s’essaient progressivement à la mobilité servicielle, pour favoriser des mobilités plus durables sur leurs réseaux. Dans cette perspective, l’agglomération de Mulhouse a lancé le Compte Mobilité, son application MaaS qui permet de se déplacer à Mulhouse et sa région, et de disposer d’informations en temps réel sur les horaires de bus et de tram. L’appli permet aussi un suivi de l’évolution des dépenses de mobilité, en temps réel, qui sont facturées en début de mois suivant, en une seule fois. Une initiative de plus pour développer la ville intelligente de demain, et une première expérimentation du MaaS à la française. 

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