Quand la nature inspire l’innovation

A l’occasion de Biomim’expo 2018, qui avait lieu pour sa 2ème journée ce 23 octobre, à la Cité des Sciences et de l’Industrie, nous vous proposons de (re)découvrir le biomimétisme à travers quelques exemples. De quoi se rappeler que la nature a encore beaucoup à nous apprendre…

Trouver l’inspiration dans la nature

Le biomimétisme, c’est l’innovation inspirée du vivant, de la nature et de ce que 3,8 milliards d’années d’évolution ont proposé d’idées. Sur terre, dans les airs ou sous la surface de la mer, c’est l’ensemble des écosystèmes qui regorgent de solutions, de modèles efficaces, efficients pour répondre à des problématiques d’adaptation et de survie.

Les exemples de solution bio-inspirées, c’est-à-dire tirées du monde naturel, ne manquent pas. Le Shinkansen, au Japon, a ainsi repris la forme du bec du martin pêcheur pour réduire la pollution sonore que sa vitesse – plus de 300km/H – génère, tout en réduisant sa consommation d’énergie et en augmentant sa vitesse.

Plus proche de nous, la société Eel Energy développe un projet d’hydrolienne novateur. Plutôt que de repartir du modèle à hélice bien connu, leurs ingénieurs se sont plutôt penchés vers ce qui existait déjà dans les écosystèmes marins. Dans les mers et les océans, on ne trouve pas d’hélice, mais plutôt des déplacements par ondulation, qui ont inspiré l’entreprise pour un modèle d’hydrolienne ondulante. Plus facilement déployable, car s’adaptant à des courants plus faibles et des profondeurs moindres, l’hydrolienne ondulante serait aussi moins dangereuse pour les écosystèmes. Installée le long des côtes en exploitant le courant des marées, ou même au fond de nos fleuves, elle pourrait alors offrir une solution pérenne de production d’énergie renouvelable à moindre coûts.

Dessiner la ville de demain

Au-delà de ces innovations technologiques et techniques, le biomimétisme déploie ses branches vers des horizons plus vastes, où la nature est au cœur d’un nouveau lien entre ville, habitants et territoire.

On retrouve en effet les racines de solutions bio-inspirées dans des projets plus larges d’architecture et d’urbanisme. Lauréat de Réinventer Paris, l’ambitieux projet Milles arbres, porté par la Compagnie de Phalsbourg, OGIC en collaboration avec Sou Fujimoto Architects et OXO Architectes, se réapproprie l’image de la forêt pour la transposer en ville, sur les deux niveaux du bâtiment à cheval sur le périphérique. Ici, la nature est le cadre rêvé pour redécouvrir un espace dévoyé, niché dans une forêt urbaine.

A Arcueil, c’est le projet Ecotone, lauréat du concours Inventons la Métropole du Grand Paris, qui entend reconnecter nature et ville, en créant un lieu de transition, une interface entre deux environnements à réconcilier. En recréant la forme de deux collines intégrées au paysage, prolongeant le parc existant, l’Ecotone sera un centre d’excellence du biomimétisme, construit en bois et refuge d’une biodiversité retrouvée. Porté par la Compagnie de Phalsbourg, ENGIE, Hertel et Codeurs et Compagnie, en collaboration avec de nombreux architectes, paysagistes et experts du biomimétisme, Ecotone déploiera sur plus de 80 000m² un environnement hybride pour réduire son impact environnemental et incarner les possibilités inspirées de la nature pour les territoires urbains de demain.
 


Crédit image illustration :  Projet Ecotone - Triptyque Architecture