Quand les parcs ont les pieds dans l’eau

Après les fermes sur la mer, l’habitat d’urgence flottant ou plus simplement le transport fluvial, un autre élément de nos villes s’invite de plus en plus au fil de l’eau, alors même qu’on le pensait plus enraciné : le parc urbain, en effet, se réinvente sur les rivières elles-mêmes.

C’est assez logiquement du côté des Pays-Bas que l’on retrouve un projet emblématique. A Rotterdam, l’architecte Ramon Knoester est à l’origine du projet Recycled Island Foundation, avec un concept simple : récupérer les déchets plastiques flottants sur la Nouvelle Meuse pour les recycler en plateformes plantées et déployées à la surface de l’eau.
Le projet transforme ainsi un risque pour les écosystèmes locaux (et plus lointains) en un nouveau support pour la biodiversité locale, offrant un substrat et un refuge à la flore comme à la faune, dans les airs et sous l’eau. L’assemblage de ces hexagones issus du recyclage doit créer un parc de 140m² et démontrer l’intérêt et les possibilités du recyclage du plastique, au service de la protection de la nature et de nouveaux espaces naturels.
 

A Chicago, l’initiative de The Wild Mile ambitionne elle aussi de créer de nouveaux espaces de biodiversité le long du North Branch Canal, aujourd’hui encore plutôt pollué et peu propice à la bonne santé des écosystèmes. Ce projet d’installation de jardins flottants est porté par Urban Rivers, déjà à l’origine du TrashBot dont nous vous parlions il y a quelques mois.
Regroupant écologistes, acteurs locaux et citoyens, le projet espère contribuer au renouveau de la biodiversité locale, en offrant un abri aux plantes et aux animaux indigènes. Une initiative en partie citoyenne, qui vise à impliquer la communauté de riverains pour participer au projet, ou tout simplement en mesurer les progrès.

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Une évolution qui, si elle peut dénaturer quelque peu l’aspect intact et spontané de parcs construits autour d’espaces naturels et de cours d’eau, vient répondre à des contraintes nouvelles pour les villes, grandes ou petites : raréfaction de l’espace sur la terre ferme du fait de l’urbanisation et de la densification, perte de biodiversité ou encore recyclage de matières plastiques.

Autant de contextes différents qui laissent entrevoir de nouveaux projets de ce type pour nos parcs, et qui font écho à une tendance plus large de l’urbanisme flottant. Outre une approche alternative et atypique, il offre aussi de nouvelles perspectives face aux enjeux climatiques et de ville résiliente.
 
Crédits illustration : Recycled Island Foundation