Le retour du train magnétique

Plus de 50 ans après les essais de l'aérotrain vers Orléans, la technologie de train à sustentation magnétique refait parler d'elle depuis quelques temps sous les traits de l'Hyperloop, popularisé par Elon Musk, le fondateur de SpaceX. Au-delà des effets d'annonce, quelle réalité et possibilité offriraient réellement ces systèmes de transport ?
 

Le nouvel essor d'une technologie ancienne

L’Hyperloop braque sur lui tous les regards grâce aux 1000 km/h qu’il promet, mais d’autres solutions grande vitesse existent déjà pour réduire radicalement nos temps de trajets. Parmi elles, le train à sustentation magnétique, sur lequel repose les projets d’Hyperloop, et qui fait ses preuves dans de nombreux pays en développement et en Asie. 
 
Son histoire remonte à 1984, avec une navette flottante développée par la Bristish Rail pour desservir l’aéroport de Birmingham. Pas de bourdonnement de moteur, ni de crissement métallique des rails : les passagers pouvaient apprécier la quiétude de cette prouesse technologique, bien en avance sur son temps. Fermée 11 ans plus tard à cause du coût de la maintenance, la vitesse était également assez limitée, de l’ordre de 15km/h, comme on peut le voir dans cette vidéo. ​
 

 

(Crédits : citytransport.info/Youtube)

Aujourd’hui, le « maglev » (pour magnetic levitation) a pris de la vitesse et connu un nouvel essor, notamment en Asie. Ainsi, celui de Shanghai est devenu le train commercial le plus rapide au monde en reliant l'aéroport de Pudong à la station de métro de la route Longyang (30,5 kilomètres) en 7 minutes 20 secondes et avec une vitesse de pointe à 431 km/h. Plus impressionnant, le Tokyo-Osaka, prévu pour 2037, devrait atteindre les 500 km/h, et relier les deux villes en 40 minutes contre un peu moins de 5 heures avec un train classique.

 

Un concurrent à l'Hyperloop ?

Signe de l’engouement autour de cette technologie, la conférence biennale des maglev qui réunit à St Petersburg ingénieurs, entrepreneurs et passionnés de ce "nouveau" mode de mobilité. L’occasion pour son organisateur, Sergey Smirnov, de s’exprimer à ce sujet : « Pendant des décennies la lévitation magnétique ne permettait pas la conception de trains à bas coûts et rapides. Aujourd’hui grâce au travail des scientifiques et des ingénieurs, ces trains sont plus rapides que ceux sur rail et représentent le transport avec le coût d’exploitation le plus faible. »

Le train à sustentation électromagnétique n’a donc rien à envier à l’Hyperloop; puisqu’il constitue une solution concrète, et sortie de terre, souvent sur des viaducs, pour réduire drastiquement les temps de trajet et ainsi rapprocher les villes. Les maglev devraient séduire de plus en plus de villes comme Chengdu ou encore Shenzhen, sachant qu’un projet est aussi en réflexion aux Etats-Unis pour relier Baltimore à Washington DC. Au-delà de sa vitesse, comparable à celle de nos TGV par exemple, son intérêt réside notamment dans les coûts réduits qu'il offre, ainsi que ses modalités d'implantation, souvent au-dessus du sol, offrant des conditions plus souples que des aménagements sous-terrains - et rejoignant ainsi les perspectives des téléphériques que l'on voit fleurir dans de nombreuses villes du monde entier.

En France, après l’abandon du projet d’Aérotrain à Orléans, c’est la technologie de l’Hyperloop qui séduit de nombreux investisseurs, mais attire aussi certaines critiques concernant sa faisabilité et sa pertinence. De quoi relancer des réflexions autour de la technologie maglev dont le prix est de plus en plus compétitif avec les technologies ferroviaires traditionnelles. Avec les nouveaux développements en Asie mais aussi dans des pays comme le Brésil, de nouvelles perspectives se dessinent pour les trains maglev au-delà du "hype" autour des projets Hyperloop.

Crédits photo de couverture : blickpixel