Ça bourdonne en ville

Les abeilles contribuent à hauteur de 75% de la production alimentaire mondiale grâce à la pollinisation. Pourtant, leur population diminue de 25% à 30% chaque hiver à cause des dérèglements de notre écosystème et plus particulièrement à cause de l’utilisation excessive de pesticides. Si l’Assemblée Nationale a voté l’interdiction des néonicotinoïdes, principal pesticide mis en cause, une solution pourrait aussi se dessiner dans nos espaces urbains.

Selon les estimations, il manquerait 13 millions de ruches en Europe pour favoriser la pollinisation. Plusieurs entreprises, comme NaturaBee ou Apiterra, proposent d’installer des ruches urbaines « clé en main » sur le toit des entreprises et des collectivités. Ces ruches se présentent comme le moyen idéal pour contribuer à la sauvegarde des abeilles en ville tout en apportant une valeur ajoutée aux entreprises qui peuvent produire leur propre miel.

Une tendance urbaine qui s’inscrit dans le programme « Abeille, sentinelle de l’environnement », lancé en 2005 par l’UNAF (Union Nationale de l’Apiculture Française), et qui engage collectivités territoriales, villes et entreprises privées dans la protection des abeilles.  

Ce phénomène pourrait bientôt se décliner en version 2.0 puisque plusieurs start-ups proposent aujourd’hui des ruches connectées aux apiculteurs. Celles-ci donnent une multitude d’informations telles que le poids, la température ou encore l’humidité grâce aux capteurs qui y sont installés. C’est le cas de la société niortaise Eno, mais aussi de Leadbees, qui a aujourd’hui pris ses quartiers à la Station F.

Néanmoins, de plus en plus d’experts dénoncent la prolifération de ces ruches urbaines, qui selon eux favorise les abeilles domestiques au détriment des abeilles sauvages, elles aussi présentent en milieu urbain. En effet, si ces dernières ne produisent pas de miel, elles représentent 80% de la pollinisation des plantes à fleur. Une réelle compétition en ressources et pour la nidification s’est donc installée entre les deux familles d’insecte, avec un net avantage pour les abeilles domestiques.

Pour pallier cette concurrence déloyale, d’autres aménagements dédiés aux abeilles sauvages voient le jour, comme des nichoirs, idéals pour ces insectes solitaires contrairement aux abeilles domestiques qui vivent en colonies . Mexico, l’agence Mali Arts a lancé des prototypes d’habitats pour abriter et nourrir ces abeilles délaissées en zone urbaine. Ces « sanctuaires » sont accompagnés d’un mode d’emploi détaillant les espèces florales à planter à proximité.

Difficile de savoir si ces nichoirs bénéficieront de la même ferveur que les ruches urbaines, vu l’ampleur de cette tendance dans nos villes. Une chose est sûre : d’autres solutions faciles à mettre en place sont possibles pour agir et maintenir la biodiversité en milieu urbain.