De nouveaux services urbains pour soulager le quotidien des sans-abris

Froid polaire, épisodes de neige et pluie diluvienne : l’hiver 2017 a été rude dans l’Hexagone, en particulier pour les plus démunis. Ils sont d’ailleurs 5 000 personnes sans solution de logement durable en Ile-de-France, d’après un comptage très précis réalisé en février 2017 par la mairie et plusieurs associations. Dont 3 000 dormant quotidiennement dans la rue, même au plus rude de l’hiver.

Se loger, se nourrir, rester digne et protéger le peu de biens accumulés constituent autant de défis au quotidien pour ces populations fragiles. Plus que l'hébergement d’urgence, des associations et collectivités innovent pour aider les plus démunis avec des solutions simples qui améliorent le quotidien.

Bureaux vacants cherchent logements en kit

Voici un paradoxe qui en fait fulminer plus d’un : alors que les centres d’hébergement d’urgence sont régulièrement saturés, la France compte près de 5 millions de mètres carrés de bureaux vides. Partant de ce constat, l’association Unity Cube a imaginé ce concept de mini-appartements modulaires en bois de palettes recyclé. D’environ 13m², il suffit de 3 heures pour assembler ces modules en kit, qui peuvent aisément devenir une chambre, une cuisine ou une salle de bain. Et une fois leur usage terminé, les structures se démontent aussi vite, et ne laisse aucune trace de l’investissement du lieu.Un projet solidaire qui plait aux villes comme aux propriétaires des bureaux vides, leur occupation temporaire réduisant de fait les frais de gardiennage et les risques de squattage. La ville de Toulouse a retenu un immeuble pour y implanter ces modules, qui hébergeraient entre 30 et 50 personnes dès la fin de la trêve hivernale.

Services solidaires pour faciliter la réinsertion

Les solutions n’émergent pas seulement pour résoudre l’épineux problème du logement. A Nottingham, l’association Action Hunger a inauguré en décembre 2017 le premier distributeur uniquement accessible aux sans-abris, contenant des produits de première nécessité : eau, sandwichs, fruits frais, mais aussi brosses à dents et serviettes hygiéniques. Une carte spéciale, distribuée uniquement aux sans-abris, permet de retirer jusqu’à 3 articles par jour. L’association espère rapidement multiplier les distributeurs de ce type à travers le pays, tout en étendant son action aux Etats-Unis avec deux distributeurs installés en février à New-York et à Los Angeles.

Une fois achetées, que faire de ses affaires ? La sécurité des effets personnels est un enjeu primordial pour les sans-abris, qu’ils rassemblent souvent dans de lourds bagages encombrants en cas de démarches administratives à accomplir. A Rennes, la Maison des citoyens a profité du vote du budget participatif pour soumettre son projet de bagagerie pour les plus démunis. Avec plus de 1400 votes, le projet fait partie des lauréats et est désormais à l’étude pour une ouverture prochaine. L’initiative s’est inspirée de la Halle aux Bagages nantaise, ouverte depuis deux ans, et qui propose également le stockage de documents en ligne dans un espace personnel accessible partout où il y a une connexion. Un cloud solidaire indispensable à une époque où le portable joue le rôle de point de contact, comme d’outil de potentielle réinsertion.

Crédits photo de couverture : Action Hunger