Quand la solidarité résonne en ville

Confinement oblige, des millions de personnes se retrouvent bloquées chez elles afin de limiter la propagation du coronavirus. Parmi elles, un certain nombre sont particulièrement isolées, en particulier les personnes âgées, pourtant les plus à risque face au virus. Mais c’était sans compter sur le réveil massif des solidarités !

Faciliter le quotidien pour tous

Si les contacts physiques et la proximité sont à éviter, ils laissent la place à un élan de solidarité sans précédent. Des réseaux s’activent dans les immeubles, dans les quartiers ou à l’échelle de quelques villages, pour aider celles et ceux en ont besoin : personnes isolées, ayant des difficultés à se déplacer ou bien encore ayant des enfants à garder pendant leur temps de travail.
Dans les halls d’immeubles, en premier lieu, des mots déposés par des voisins proposant leur aide se multiplient. Faire les courses, aller à la pharmacie, mettre à disposition des attestations de déplacement ou toute autre activité nécessaire mais rendu délicate dans les mesures actuelles, surtout pour les populations les plus à risques.
Alors qu’on les pensait oubliées, ces solidarités de proximité, souvent entre générations, viennent faciliter la vie de chacun et notamment celle de ceux qui en ont le plus besoin. L’association Voisins solidaires a même imaginé un « kit coronavirus » qui intègre différents documents pour organiser ces gestes solidaires au de sein de son immeuble.

L’adaptation des services habituels à ces conditions exceptionnelles touche aussi les collectivités. Celles-ci réaffirment et renforcent par exemple leurs services de portage de repas à domicile aux personnes isolées de plus de 60 ans, rendent le stationnement gratuit, pour éviter les déplacements inutiles ou l’accès aux bains-douches municipaux pour les publics précaires, comme à Saint-Etienne. D’autres développent de nouveaux dispositifs basés sur le bénévolat, pour faire les courses, promener les animaux de compagnie ou bien livrer des DVD et des livres issus des bibliothèques municipales : c’est le cas à Châlons, qui espère ainsi aider les populations les plus vulnérables tout en garantissant leur maintien à domicile.
Les réseaux sociaux, largement mobilisés pour garder le lien avec ses proches à l’heure de la distanciation sociale, sont aussi le lieu d’organisation de ces solidarités de voisinage. Les communes n’hésitent pas à organiser elles-mêmes des groupes d’entraide, comme à Avranches ou à Cabourg, en Normandie, où la mairie a lancé un groupe sur le célèbre réseau Facebook pour permettre à tous d’obtenir des renseignements et de l’aide dans son quotidien.

Maintenir le lien, avec le sourire 

Et si le contact physique n’est plus possible – et les rassemblements encore moins –, certains n’hésitent pas à imaginer d’autres façons de faire collectif. En Italie, mais aussi en Espagne, pays les plus touchés en Europe, les habitants développent de nouvelles formes d’échange, pour garder le moral et tenir le cap jusqu’à la fin des mesures de confinement.
On a ainsi pu suivre sur les réseaux sociaux ces vidéos de voisins entonnant en cœur des chansons en Italie, et des DJ diffusent le tube de Corona depuis leur balcon... En Espagne, c’est même un cours de gym, proposé par un habitant, qui a été suivi par les voisins depuis leurs balcons.

En France, déjà, certains se donnent rendez-vous pour applaudir le personnel hospitalier, comme à Marseille et dans d’autres villes, ou pour installer des lumignons, comme le veut la tradition lyonnaise. A Nantes comme à Rennes, les habitants sont invités à faire de la musique et faire la fête ce samedi 21 mars pour faire contre mauvaise fortune bon cœur – et garder le moral, sans faire courir de risques aux autres !

Des initiatives, nécessaires et créatives, qui réinventent les solidarités dans des temps difficiles. De quoi redonner du sens à la cité et à la vie en communauté, au-delà de ces mesures temporaires.