Le téléphérique en renfort de la mobilité urbaine

Après la mise en place du téléphérique urbain de Brest, le premier de ce type en France, c’est à la ville rose de se doter de sa propre ligne : Toulouse devrait en effet disposer d’un téléphérique pour la fin 2020.

A l’étude depuis 2017, le projet était encore au stade de concertation en 2018, et c’est finalement l’avis favorable rendu à la suite de l’enquête publique, terminée en mars 2019, qui lance officiellement le projet de construction du téléphérique urbain sud. Porté par Tisséo, il devrait être terminé à la fin de l’année 2020, et les travaux pourraient commencer dès cet été.

Sur une distance de près de 3 kilomètres, le téléphérique permettra de relier l’Oncopole l’Université Paul Sabatier (ligne A), en passant par le CHU de Rangueil situé sur la colline de Pech David, à 130m au-dessus de la Garonne. Le trajet permet en effet de survoler ces deux obstacles majeurs, qui contribuaient à la longueur du parcours : s’il représente 3km à vol d’oiseau (ou de cabine), il nécessite 30 minutes en voiture, et près de 45 en transport en commun à l’heure actuelle. Avec la promesse d’un aller en 10 minutes de part en part, le gain est certain pour les Toulousains. Le projet espère transporter 8 000 personnes par jour à terme, à bord de ses 15 cabines d’une capacité de 34 personnes – soit une capacité de 1 500 utilisateurs par heure dans chaque sens, avec une cabine toutes les 1 minute 30 en heure de pointe.

Après certaines déconvenues pour le téléphérique de Brest, il reste des réserves à adresser autour du projet, notamment en matière de nuisances sonores. Pour ce faire, Tisséo met en avant la technique des « 3S », système à trois câbles qui devrait limiter ces nuisances, offrir une meilleure stabilité et réduire l’emprise au sol de la ligne, avec seulement 5 pylônes sur le tracé de 3 kilomètres.

Ainsi, après Brest, Toulouse prend de la hauteur sur le sujet de la mobilité urbaine, et annonce peut-être la couleur pour d’autres projets en France. Si la tendance s’est clairement relancée dans le monde, depuis le succès du métrocable de Medellin en 2004, suivi par de nombreux autres (à Taipei, Constantine, New York ou Londres), les projets à l’étude se multiplient en France.

Rien qu’en Ile-de-France, près d’une douzaine de projets étaient à l’étude en 2016. Aujourd’hui, la liaison du « câble A », entre Créteil et Villeneuve-Saint-Geoges dans le Val-de-Marne, pourrait être la seule à voir le jour, à horizon 2022. A l’étude depuis une dizaine d’années, il s’étendrait sur plus de 4,5 kilomètres, pour un coût dépassant les 100 millions d’euros – plus qu’un bus, mais moins que le tramway. Réponse dans les prochaines semaines, après la fin de l’enquête publique pour le câble A.

Après le renouveau du tramway dans les villes françaises, on pourrait assister à l’émergence d’un nouveau mode de transport urbain avec le développement de lignes de téléphérique urbain. Pour autant, il reste à relativiser puisqu’il permet principalement de répondre à des difficultés de relief ou d’obstacles au sol (infrastructure de transport, notamment), pour un coût moindre qu’une ligne de métro ou de tram, mais avec une capacité également moins importante. Quoi qu’il en soit, le téléphérique pourrait trouver sa place dans le paysage des déplacements urbains, en complément des offres déjà existantes de transport en commun.