Ça roule pour l’hydrogène !

Pour être précis, nous pourrions même dire que ça flotte, et même vole pour l’hydrogène !
Dans un contexte soucieux de l’environnement et de la crise écologique, nous sommes entrés dans une période de grande ingéniosité (et d’inventivité !) pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre.

Les expériences ne manquent pas pour trouver des alternatives, entre le biocarburant à base de marc de café dans les bus de Londres et l’huile de cuisine recyclée dans les avions d’ATR. Une expérimentation tous azimut repérée dans notre panorama des tendances pour l’année 2018, auquel l’hydrogène n’échappe pas.  

L’eau comme arme contre la pollution

Mais l’hydrogène, c’est quoi ?
Leçon de chimie 1.0 : il s’agit d’un gaz que l’on extrait de l’eau par électrolyse. Pour transformer ce gaz en électricité, il doit passer par des piles à combustible.

Garantie « Zéro émission », l’électricité produite est avantageuse pour la planète puisqu’elle ne rejette que de la vapeur d’eau. Pour autant, ce type de pile nécessite des matériaux coûteux, ce qui en limite encore l’usage. Cela n’empêche pas les sociétés de transports et les acteurs politiques de mettre en place des projets à leur échelle.

L’hydrogène, champion des territoires décarbonnés

Pour La Rochelle, dont l’ambition est de devenir le « premier territoire urbain littoral zéro carbone », l’hydrogène est une solution pour assainir les déplacements dans la zone de plaisance : depuis novembre 2017, un bus maritime propulsé par une pile à hydrogène fait la liaison entre le Vieux Port et les Minimes. Le bateau ne rejette ainsi aucune particule dans l’air et gagne en autonomie grâce à un dispositif beaucoup plus léger que des batteries classiques. Une technologie pour mieux respirer dans le port qui devrait également se développer prochainement à Nantes.

A une autre échelle, des compagnies de transport maritime s’intéressent aussi à l’hydrogène. Grâce au mix énergétique du solaire, de l’éolien et de l’hydrogène, le premier catamaran décarbonné entamera son tour du monde au printemps 2018. Pour des bateaux de plus grande taille comme des porte-conteneurs, le problème de la recharge et de la conservation du gaz en grande quantité reste à résoudre. Cette avancée technologique permettrait de réduire la pollution du fret maritime, responsable de 3% des émissions mondiales de CO2.

Mais le transport des voyageurs n’est pas en reste ! En Allemagne, où le réseau ferroviaire régional reste très dense, vient d’être lancé Coradia iLindt,  premier train à hydrogène de la compagnie Alstom. Cette alternative aux lignes électrifiées, primée dans le cadre des Trophées Europe 1 de l’avenir, attire particulièrement l’intérêt de la Grande-Bretagne et des pays nordiques. Reste à voir si le dispositif pourra connaître des développements dans l’Hexagone !

Une solution pour nos déplacements quotidiens ?

Mais la révolution de l’hydrogène arrivera-t-elle jusque dans notre quotidien ? Plusieurs expériences menées en France nous laissent y croire. Côté deux-roues, les premiers vélos électriques à hydrogène viennent d’apparaitre sur le territoire français. La ville de Saint-Lô (Normandie) fait rouler les premiers modèles du genre en France depuis décembre 2017, rechargeables en deux minutes en borne. Pour l’instant destiné aux déplacements travail-domicile des habitants, ils seront mis à disposition des touristes pour la période estivale.

Pour de plus longs déplacements, le village de Tupigny dans les Hauts-de-France (350 habitants) se prépare à accueillir des véhicules à hydrogène en libre-service. Les deux voitures du dispositif seront alimentées par le parc éolien de la commune et assureront aux habitants un meilleur accès aux services des villes voisines. Par cette initiative, Tupigny promeut une mobilité plus propre, tout en faisant la promotion de la production locale d’énergie.

Prochaine étape : les transports en commun ! L’attente ne devrait pas être trop longue, puisque les premières lignes de bus à hydrogène sont prévues pour 2019. Du côté des Pyrénées-Atlantiques, la ville de Pau devrait même produire localement son hydrogène pour alimenter son nouveau réseau, tandis que Versailles (Yvelines) alimentera sa propre ligne sur une station privée. De quoi rattraper le retard de la France sur le sujet, nos voisins européens recourant à ce dispositif depuis maintenant deux décennies.

Crédit image de couverture : le modèle de bus à hydrogène de la compagnie Van Hool.