Un parc anti-inondation à Bangkok

Comment faire face aux inondations lorsqu’elles deviennent de plus en plus récurrentes et provoquent des dégâts toujours plus importants ? À Bangkok, l’architecte Kotchakorn Voraakhom a conçu un parc anti-inondation pour stocker l’eau lors des catastrophes naturelles.
 
La ville de Bangkok fait partie des villes les plus exposées aux inondations. En plus des pluies diluviennes de la mousson, le niveau de la ville diminue d’environ 2 cm chaque année alors que le golfe de Thaïlande, lui, s’élève de 4 mm en autant de temps selon GreenPeace. Symbole de cette situation inquiétante, l’inondation de 2011 avait provoqué 815 morts, 3 disparus et 1 425 milliards de bahts (environ 33 milliards d’euros) de dommages.
 
Suite à cette catastrophe, l’architecte Kotchakorn Voraakhom a eu l’idée ingénieuse d’établir un parc anti-inondation de 4.5 hectares en plein cœur de la ville. Le « Centenary Park » abrite un conteneur sous-terrain capable de stocker près de 3,8 millions de litres, alimenté par des zones vertes absorbantes, mais aussi par une marre et une surface de rétention des pluies inclinée.

En temps normal, l’eau qui n’est pas absorbée par les plantes est réutilisée pour l’arrosage lors des périodes sèches. En période d’inondation, l’eau est stockée puis évacuée par le système d’égout, une fois la situation revenue à la normale. Ce système reprend le concept des « monkey cheeks », inspiré des singes et de leur faculté à stocker la nourriture dans leur joue pour la consommer plus tard.

Le projet s’inscrit aussi dans une dynamique de végétalisation, selon le Dr Seri Suptharathit, les espaces verts ont drastiquement réduit en 20 ans, passant de 40% de la surface en ville à 10% et augmentant le risque de submersions. Kotchakorn Voraakhom et son cabinet d’architecture Landprocess devraient ouvrir un deuxième parc du même type dès 2019.

Ce parc ne constitue qu’une partie de la solution face aux inondations mais ouvre la voie à une réelle prise de conscience grâce à sa dimension innovante. En attendant ce genre de projet en France, des bassins de rétention ont déjà vu le jour dans les parcs français et notamment à Montpellier avec le parc Charpak. De quoi imaginer de nouveaux aménagements pour la ville résiliente de demain.