Vélorue, une priorité donnée aux vélos

Pour favoriser la pratique du vélo en ville, une alternative à la piste cyclable voit le jour dans plusieurs villes françaises : la vélorue. Des passages où le vélo garde la priorité sur les voitures, et où il est interdit pour ces dernières de dépasser les cyclistes. 

Expérimenté pour la première fois en France à Strasbourg en 2017 sur la rue de la Division Leclerc, ce concept, qui existait déjà en Allemagne et aux Pays-Bas, remet littéralement le vélo au centre de la mobilité en ville, puisque les cyclistes n’ont plus à se serrer à droite pour circuler. Au contraire, ils peuvent circuler au milieu de la route, comme l’indiquent les marquages au sol. Ainsi, les automobilistes sont tenus de circuler derrière les cyclistes. Pour l’heure, la cité strasbourgeoise évalue les conséquences de ce dispositif sur le trafic, par des enregistrements vidéo. 
 

L’aménagement de la vélorue est possible grâce à la réforme du Code de la route datant de 2015, qui permet en premier lieu aux conducteurs de cycle de s’éloigner du bord droit de la chaussée lorsque la vitesse autorisée n’excède pas les 50 km/h. Cette réforme prévoit également qu’un  « conducteur de cycle peut s’éloigner du bord droit de la chaussée lorsqu’une trajectoire matérialisée pour les cycles [...] le permet. »

Ces expérimentations prennent place dans les rues avec un faible trafic local et où l’étroitesse de la chaussée rend dangereux le dépassement par les véhicules. Les voitures doivent donc rester derrière les cyclistes à une vitesse maximale de 30 km/h. 

Les avantages du dispositif sont multiples. La mise en place de vélorues rend plus sûrs les déplacements de cyclistes en interdisant les dépassements, parfois rasants et dangereux, des automobilistes. Conséquence de ce premier effet, les usagers à vélo n’ont plus à prendre les trottoirs pour être en sécurité, une aubaine pour les piétons. Enfin, ce type d’aménagement limite la vitesse des automobiles, réduisant ainsi les nuisances sonores et les risques encourus par les riverains. 

D’autres villes ont emboîté le pas à la capitale alsacienne. Bordeaux, mais également Pontarlier, ont fait le pari de la vélorue et le testent également sur des tronçons délimités depuis quelques mois. Pour cette dernière, en plus d’une vélorue, ce sont toutes les voies pénétrantes de la ville qui sont équipées d’une voie cyclable depuis le printemps 2019. Un passage dédié aux piétons et cyclistes devrait également être installé sur le pont de la Rotonde. Depuis septembre, une nouvelle expérimentation de vélorue est mise en place à Dijon. Sur l’avenue Jean-Jaurès, elle donne la priorité aux cyclistes jusqu’au centre-ville, du Port du Canal à la Place du 1er mai. Sur une distance de 500 mètres, les voitures ont l’interdiction de dépasser les cyclistes. 

La vélorue est une manière de réguler la cohabitation dans nos rues, en imaginant de nouvelles façon de partager la voirie, pour l’adapter à tous les usages de mobilité. C’est aussi une façon d’inciter les usagers à passer de la voiture au vélo. De plus en plus d’initiatives voient le jour dans les villes françaises pour favoriser la place de ce dernier, en multipliant les aménagements dédiés. Et ils n'ont pas à être aussi impressionnants que ceux que nous présentions dans notre article sur la 2ème Biennale d’Architecture Cyclable ! Ainsi, le collectif d’associations Vélo Ile-de-France est en train d’imaginer un réseau de pistes cyclables qui permettrait de relier les différentes pistes entre Paris et ses banlieues. De quoi créer un véritable réseau de transport cyclistes, ou réseau express régional... vélo !

Crédit photo de couverture : Elyxandro Cegarra pour Strasbourg Eurométropole